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En plus de souffrir du sida ou de malnutrition, ces enfants de la campagne du Cambodge et leur famille doivent vivre dans un environnement complètement pollué. L'hôpital pour Enfants d'Angkor (AHC), https://angkorhospital.org/, y délégue sur une base régulière, des professionnels de la santé pour assurer un suivi aux enfants malades dans le cadre de son programme de Soins à Domicile.Toutefois, son action sur l'environnement et sur les autorités locales est bien restreinte. Tout est corruption et le chef du village est lui-même soudoyé par les propriétaires des compagnies. Donc difficile de relocaliser les familles ou de stopper les opérations.

Sur place, nous avons nous même peine à respirer. Rapidement notre gorge est irritée, nous toussons et nos yeux brûlent. Et tout ça à cause d'une compagnie de fabrication de briques qui est la seule maigre ressource financière de ces familles. Et pour empirer la situation, un voisin fabrique du charbon de bois entrainant une épaisse fumée qui envahit les humbles huttes en pailles jour et nuit. Une centaine d'emplotés et leur famille y logent. Ils ont les yeux rouges, crachent et toussent continuellement.

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On mange sur le lieu de travail. Pas de répit, pas de pauses et les enfants circulent librement et dangereusement parmi les gros camions et les pelles mécaniques si bruyantes. Des briques sont transportées dans des brouettes par de jeunes d'à peine 10 ans. Les camions surchargés laissent tomber régulièrement des briques à quelques centimètres de la tête des tous petits enfants.

C'est avec ce matériel que l'on construit les luxueux hôtels d'Angkor Wat qui acceuillent des touristes à plus de 1,000$ US la nuit. C'est scandaleux et immoral ! J'ai essayé à plusieurs reprises de sensibiliser les autorités mais sans succès. Avec un sourire peu sympatique, on m'a invité à demander une audience au roi pour remédier à la situation d'insalubrité.

C'est leur lieu naturel de vie au quotidien. Tout le monde a des problèmes respiratoires, d'irritations sévères et de stress continuel. Ils doivent travailler sept jours par semaine pour un salaire de famine. Tout est empoussiéré dans ces cases où ils vivent à plusieurs dizaines. C'est la grosse misère. On se croirait aux portes de l'enfer !

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Pour fabriquer le charbpn de bois qui est utilisé pour la cuisson des aliments, on creuse et on construit tout d'abord un genre de four en terre cuite. Ensuite on y insère le bois (produit de la déforestation illégale) qui se calcinera lentement plusieurs jours enterré dans le four. Tout ce processus dégage une fumée continue jour et nuit. Ensuite, on laisse refroidir et on dégage le tout.

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On doit se protéger tout le visage pour faire un tel travail. C'est une question de santé . Sans protection on risque de ressembler plus à un Africain qu'à un Cambodgien. Et malgré ces conditions de vie si difficiles, toujours ce grand sourire. Quelle leçon !

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Nous rencontrons le jeune Sith (7 ans) qui est infecté par le VIH. Rien dans son environnement (à part les médicaments) ne contribue à améliorer son état de santé. 

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La mère contribue très peu à nous fournir des informations sur la prise de médicaments de son fils. Comme elle vit en promiscuité avec une centaine d'autres personnes, elle ne veut pas qu'on sache que son fils est infecté. Elle pourrait être évincée immédiatement. Dans les campagnes, on croit toujours que le sida se transmet dans l'air comme une maladie contagieuse. Plusieurs des patients traités sont ainsi cruellement rejetés. Tout un travail d'éducation est à faire et c'est pour cela que nous n'hésitons pas à prendre les patients dans nos bras au grand étonnement du voisinage.

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Nous soupçonnons le petit bébé de deux mois d'être lui aussi infecté. Toutefois, la mère refuse que nous fassions un test de sang à son enfant. Elle a déjà eu 4 enfants d'un premier mari. C'est avec le deuxième mari qu'elle a eu ses deux garçons et que le sida est apparu. Elle parle à voix basse et souhaite que nous quittions rapidement.

Très difficile pour nous de vivre un tel sentiment d'impuissance autant au niveau du traitement des enfants malades que du lieu malsain de vie. Si nous insistons trop, la mère pourrait tout simplement refuser de continuer le traitement de son fils Sith, ce qui entrainerait sa mort à très brève échéance dans un milieu si malsain. Nous devons souvent "marcher sur des oeufs" !

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Au Cambodge, 50% de la population a moins de 15 ans. Il y a des enfants partout. Tout ce qui se dit et se fait est rapporté. Les murs, les fenêtres et les portes ont des oreilles. La vie privée ça n'existe pas chez les gens démunis. Ils vivent en bande et essaient tant bien que mal de s'entraider. Ici on tousse en coeur!

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Nous demeurons dans ce polluant univers de briques pour rencontrer Channi, deux ans, qui souffre de malnutrition. C'est un peu paradoxal de faire l'éducation à la santé dans un tel environnement.

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Sophearin fait son possible pour parler d'une saine alimentation pour les enfants. La maman est enceinte de nouveau et le papa semble peu intéressé par ces enseignements. Il préfère de beaucoup aller jouer au football avec ses copains dans le bruit, la fumée et la poussière. 

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Les voisins qui assistent à l'entretien privé souhaitent recevoir des conseils pour d'autres enfants également malades. Difficile d'instaurer des limites dans de telles situations.

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Comme sa fille n'ose pas, voici que s'impose la grand-mère avec dans les bras la petite patiente Yuth 18 mois qui est infectée par le VIH. Elle ne veut plus attendre, parle fort et sent l'acool à plein nez. Elle est très demandante. Elle nous observe depuis notre arrivée et elle a très bien remarqué la nourriture et les vêtements que nous portons avec nous. Elle veut absolument sa part du gâteau : soins médicaux, nourriture et vêtements. Nous nous limitons cependant aux parents et à leurs enfants car nous visitons plus de 8 familles dans une même journée. Difficile là aussi de ne pas gâter tout le monde.

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La maman a eu Yuth avec son deuxième conjoint qui lui aussi sent bien fort l'alcool. Avec son premier mari qui l'a bandonné, elle a eu 3 enfants. On soupconne les deux parents d'être séropositfs. Eux aussi refusent de se faire tester. Il existe pourtant un programme d'aide pour adultes infectés par le virus. À chaque fois nous donnons l'information mais très peu font la démarche de peur de "perdre la face" si leur "maladie honteuse" était connue de leur voisinnage.

De nouveau, la grand mère arrache l'enfant à sa fille pour se mêler de ce qui se passe. De plus elle demande directement des cadeaux et de la nourriture pour elle-même.

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Les examens médicaux terminée, les médicaments distribués, les enseignements de vie saine dispensés et la nourriture (incluant les légumes du jardin biologique de l'hôpital) partagée nous voici rendu à la distribution des vêtements fournis par des donateurs du Québec. Tout le monde en veux.

Sophearin décidera à qui je donnerai quoi. Son flair est excellent. Pour tous nous aurons de petites bricoles et des gâteries.

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Quelle journée ! Nous quittons ces lieux avec beaucoup de questionnements et un grand sentiment de faire le maximum pour arriver à un minimum.

Plus jamais je ne verrai une brique de la même façon. Chaque mur de brique me rappelera une très dure réalité de vie remplie de souffrances.

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La vision nouvelle des choses, la deuxième lecture nous permet d'entrer au coeur de la réalité profonde des choses.

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Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres.

Lao Tseu