lundi 11 février 2008
Le mariage de Noy à Luang Prabang
I
Je connais Noy et sa famille depuis 4 ans et j'essaie de l'aider pour son futur.
À partir de cet automne nous prendrons en charge ses études universitaires à l'université en Agronomie.
Noy a décidé de se marier le 9 février et ça pressait parce qu'il habitait avec sa fiancée depuis quelques semaines sans en avoir informé la famille; une telle pratique est mal vue au Laos.
La cérémonie commence en après midi par un baçi à la maison des époux. On retient Noy à l'extérieur et on l'invite officiellement à quitter le célibat et à rejoindre sa fiancée qui l'attend à l'intérieur avec toute la famille. Les nouveaux mariés portent alors le costume traditionnel. Noy entre dans la maison et allume les bougies pour la cérémonie.Le chef et ainé du vilage prononce des prières pour demander tout le bonheur et le succès possible pour cette nouvelle union. Les époux demandent pardon pour les manquements qu'ils auraient pu avoir envers leurs parents et amis depuis leur enfance. Puis on les lie par le poignet au moyen d'une ficelle avec encore des chants et des prières. Enfin, toute l'assemblée, en commençant par les ainés, nouent des ficelles aux poignets des nouveaux mariés tout en leur souhaitant un futur plein de bonheur, chacun à sa façon.
On lance des grains de riz pour attirer les énergies positives des bons esprits. On boit un coup de lao lao (l'alcool de riz traditionnel), on partage un peu de nourriture. Ensuite, à l'extérieur c'est le repas partagé avec une soixantaine de personnes, invités spéciaux. Ce repas a été préparé par parents, amis et voisins. les mariés ne mangent pas. Ils circulent parmi les invités pour leur offrir du whisky en échange de kips (argent du pays). On boit tous, cul sec dans le même verre. Le tout se termine vers 18h. Le prochain rendez-vous est à 19h30, dans un endroit loué, où plusieurs centaines de personnes sont attendues pour manger, boire et danser. À leur arrivée, ils doivent franchir une arche décorée de ballons. Là, dans l'urne, ils déposent l,enveloppe d'invitation à leur nom avec un montant d'argent. On saura donc clairement qui a donné combien ! Les invités défilent alors devant le marié et la mariée, leur famille et des gens importants choisis. Les mariés ont revêtu un nouveau costumes. On épingle une fleur à la boutonnières de toutes ces personnes qui accueillent les invités. On se fait le wai (salutation avec les paumes rapprochées sous le menton et en plus, les hommes se serrent la main (héritage occidental). Les trois cents personnes arrivées, on mangera au son de la musique et puis on dansera et boira beaucoup. Les mariés ne mangent pas. Ils circulent parmi tout le monde en leur offrant un whisky cul sec, tous dans le même verre. Ensuite la Beer Lao coulera à flots.








Le bisous à la mariée est pure influence occidentale et est absolument hors la tradition du Laos
dimanche 3 février 2008
La plaine des jarres au Laos
Parmis les sites les plus énigmatiques du Laos, la plaine des jarres est située à proximité de Phonsavan (Xieng Khuang). L’origine de ces récipients taillés dans de grosses pierres remonte à l’époque des mégalithes (menhirs), il y a trois ou quatre mille ans. Ces jarres sont en calcaire une pierre qui n’existe pas à proximité des sites. Certaines pèsent jusqu’à trois tonnes.
Elles avaient un usage funéraire et elles étaient concentrées sur des buttes. Elles étaient fermées à la manière de sarcophages, comme l’attestent les couvercles de certaines jarres.
Plusieurs ont été détruites par les bombardements américains ou pillées et emportées.
Quelle aventure pour s’y rendre surtout que la pluie et la brume envahissent la région depuis plusieurs jours.
Il m’est donc suggéré de prendre le car VIP qui m’assure d’une meilleure sécurité et d’une liaison directe sans arrêts continuels en route.
Le parcours des routes sinueuses devait durer 7 heures. Il en prit 11 heures de trajet dans la brume, sur des routes boueuses et un froid humide et transperçant. Les reflux gastriques des passagers furent si nombreux que la provision de sacs plastiques liés à la cause fut épuisée.
Les Lao en général supportent très mal ces courbes des chemins de montagne. Et tout ceci dans une musique traditionnelle à fond la caisse ! Je ne vous dis pas les odeurs à l’intérieur du car et ces arrêts aux 10 minutes pour toutes sortes de raisons sans compter les trois accidents en route. Aventure épuisante où j’ai eu l’impression que jamais la route ne s’arrêterait. Occasion de savoir que lorsque notre heure n’est pas venue, tout est possible : le chauffeur faisait des dépassement dans les courbes brumeuses en conduisant d’une seule main, tenant son sandwich de l’autre…lâcher prise sur la peur et s’abandonner aux odeurs de freins qui chauffent, de vomissements et de produits de médecine chinoise.





Rencontré au hasard d'une rizière des brumes, un bonze ermite au regard de compassion.
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