vendredi 27 mars 2009
Les Khamus du Laos et le Baçi.

Les villageois de l'ethnie des Khamus préparent pour moi la cérémonie du Baçi.
Ça tombe pile avec mon départ du Cambodge.
Bel enseignement pour moi : le retour des choses se produit toujours assez rapidement mais pas là où on l'aurait imaginé. Comme si les Khamus avaient de la gratitude pour ce que j'avais fait pour les Khmers.
C'est Phat qui a tout organisé avec son père.
Dès l'aube, nous irons nourrir les bonzes, dont son frère novice.
Ensuite, nous achèterons plein de bons légumes au marché de Luang Prabang. 
Le poisson sera le met principal : nous les acheterons vivants car nous avons une longue distance à parcourir pour nous rendre à moto au village Khamu.
Le frère de Phat qui est novice, nous attend de l'autre côté du Mékong. Il est tellement heureux de revoir sa famille après plusieurs mois. Nous parcourons une longue route de rivières et de montagnes et de poussière pour enfin arriver à un village très retiré.

Les grands parents, comme le veut la tradition, sont les premiers à nous recevoir. Ils sont très heureux de revoir leur deux petits-fils : Phat et son frère novice. C'est aussi pour
eux un honneur de recevoir un étranger.
Toute la famille est présente : le père, la mère, les deux filles et les trois garçons, l'oncle et les grands parents sans compter les nombreux voisins qui se sont joints à la famille. Nous sommes une bonne soixantaine de personnes dans la maison dont plusieurs hommes qui fument abondamment. 
Les voisines sont venues aider à la préparation du repas. Notre poisson est transformé en bouillie épicée : c'est un plat local recherché. On le mangera avec le riz gluant.
Soupe, légumes cuits et salade accompagneront le repas. Les Khamus ont un esprit communautaire développé.
On fera la cuisine pour permettre aux hôtes d'être disponibles pour leur invité : l'étranger du bout du monde.
Mais avant de manger, on participera à la cérémonie du Baçi pour l'étranger.
Le Baci est communément appelé Soukhouan, ce qui signifie appel et réception de l'âme.
Il remonte avant l’arrivée du bouddhisme. Cette cérémonie célèbre un événement spécial:
une naissance, un mariage, l’entrée du novice au temple, la demande de guérison
ou la venue de visiteurs spéciaux. La tradition admet que les trente-deux parties de notre corps possèdent chacune une âme. L'âme est vagabonde et ne demande qu'à quitter le corps. Le jour de la cérémonie, le prêtre ne l'oubliera pas et invitera chacune des âmes à réintégrer sa partie.
C’est l’appel de l’âme et de ses 32 forces vitales : 20 héritées du père et 12 de la mère. La perte de certaines de ces forces peut entraîner la maladie. La réunification des âmes multiples du corps ramène l’équilibre physique et intérieur.
À la mort, ces forces quittent le corps, se fusionnent à d’autres forces vitales pour ensuite se réincarner.
On préparera, à l'avance, le phakhuan (en forme de petit conifère) fait de feuilles de banane roulées et décoré avec des œillets d'Inde jaunes et d'autres fleurs. Le tout est entouré de ficelles blanches. Le jour du Soukhouan choisi, on confectionne un phakouan 'plateau ou repas de l'âme', sur lequel sont piqués des cornets de feuilles de bananiers remplis de fleurs. Le Pha Kouan contient aussi, alcool, œufs, gâteaux de riz, argent, cierges et fils de coton. Les invités apportent des Pha Kouan semblables ou plus petits ou encore de simples coupes remplies de riz et de fleurs. Ceci a pour but d'attirer les esprits errants et de les inviter à demeurer avec nous.
Cet arrangement est déposé dans un plateau d'argent remplie de riz mondé. Le tout est déposé sur une natte au centre de la pièce.
La cérémonie peut alors commencer, cierges et baguettes d'encens sont allumés.
Le chef du village (maw phawn), genre de chaman, est généralement un ancien ayant une expérience monacale derrière lui, un prêtre défroqué portant le titre de thit ou chane (grade de bonzes ayant quitté les ordres).
Il présidera le rituel et il demandera des bénédictions pour les invités. Il appellera également les forces de l’âme à l’unification en implorant leur retour par des chants pali et lao :
« Venez énergies de l’âme par la voie que nous avons ouverte pour vous,
par ce chemin que nous avons bien nettoyé. Revenez à la maison ! »
Très émouvant ce moment où le père de Phat me noue des ficelles en faisant des prières pour moi.
Tous les participants joignent alors les mains dans un geste de prière, les paumes réunies. Durant la psalmodie, chacun se penche en avant pour toucher la base du phakhuan. On peut aussi toucher le coude ou l’épaule d'une personne qui a accès à cette base et l'on forme ainsi une chaîne humaine. De nombreuses ficelles blanches sont alors nouées aux poignets de l’invité, le tout accompagné d'une courte récitation de bons vœux.
À la fin, l’invité possède une belle collection de cordons blancs autour de chaque poignet. Il doit les conserver pendant au moins trois jours, laissant se détacher ceux qui tombent spontanément.
Moments très touchants de prières et d’invocations pour demander, pour l’étranger invité, protection, bonheur et prospérité. Quel temps privilégié pour lequel j’ai plein de gratitude.
Une gorgée de lao lao, liqueur traditionnelle de riz et une nourriture abondante (dont le poulet sacrifié pour l’occasion) feront suite à la cérémonie et termineront le rituel .
Le Baçi est la cérémonie lao par excellence. On manifeste alors toute sa joie de vivre et sa générosité. Grandiose ou modeste mais toujours ardent et sincère, le Baçi accueille aussi bien les personnalités officielles que les simples visiteurs.
Par le Baçi, on souhaite bonne santé et longue vie à l'enfant qui vient de naitre, au malade qui vient de guérir, à la personne qui va entreprendre un voyage ou qui rentre dans son foyer.
« Ce qu’enseigne le grand père, l’enfant doit le conserver dans son cœur ! »
Les Khamus sont 600,000 au Laos. Cette importante minorité vit de l’agriculture et de la chasse.
Le travail des champs est accompli en groupe afin de réunir force et rapidité.
La récolte du riz sauvage est faite par les femmes. Le riz est entreposé à l’extérieur du village à l’intérieur de huttes élevées à l’abri des rats et des souris.
Les villageois croient qu’une demeure khamu et ses alentours sont occupées par les esprits des lieux. Le village entier est entouré de clôtures avec trois ou quatre portes d’entrée. De petits autels à l’extérieur protègent des tempêtes et du feu.
Les trois frères ne connaissent pas encore leur futur. Pour le moment Phat travaille à Luan Prabang, son frère plus jeune est novice pour pouvoir compléter ses études et le tout petit dernier se prépare fièrement à entrer lui aussi au temple comme novice. Il est peu probable qu'ils reviennent vivre dans le village de leur enfance.
Les aînés sont les gens les plus importants du village. Ce sont eux qui président les cérémonies rituelles et résolvent les disputes locales.
Dans le passé, chaque famille Khamu avait son animal totem de protection.
Leurs cimetières sont divisés en quatre sections : les morts naturelles, les morts accidentelles, les enfants et enfin les gens décédés loin du village.
La vie du village est très paisible. Tous sont là assis par terre dans la rue, en ce chaud après-midi, à parler doucement de l'évènement du jour : la venue de l'étranger du Canada.
Les ainés sont respectés et très écoutés. Ils véhiculent pleins de superstitions et de croyances animistes.
La culture Khamu est traditionnellement transmise le soir autour du feu.
Le soleil commence sa descente. Le jeune frère novice doit rejoindre le Mékong pour traverser et rentrer au temple. Et hop la moto sur le traversier de fortune et chacun rentre chez soi.
Je suis rempli de gratitude pour ces moments sacrés privilégiés. Merci la vie. Merci l'Univers !
mardi 10 mars 2009
Au revoir et MERCI aux Cambodgiens

Merci aux KHMERS pour leurs nombreux enseignements de courage et de détermination.
Merci pour vos sourires abondants, votre joie de vivre, votre persévérance, votre patience, votre histoire inspirante et vos légendes inspirantes.
Ce ne sont pas des hommes mais ce sont les dieux qui ont créé Angkor !



vendredi 20 février 2009
Une journée remplie d'émotions au Cambodge
En cette dernière journée de visite à domicile d'enfants atteints du sida, dans la campagne reculée de Angkor, je ne pensais jamais vivre une aussi grande gamme d'émotions .
Sophearim sera l'infirmier qui m'accompagnera pour la matinée. C'est un être plein d'amour et de compassion pour ces jeunes patients qui l'apprécient beaucoup.
Lun a 6 ans. Elle a le sida, ses parents sont décédés, et elle est élevée par sa soeur de 13 ans.
Cette jeune fille est d'un grand courage . En plus de s'occuper de sa soeur malade, elle tient maison et doit faire la cuisine pour un père violent qui la bat selon ses caprices et humeurs.
Une grande tristesse habite cette jeune adolescente.
Après l'étape médicaments, c'est le moment des cadeaux : de magnifiques pyjamas. C'est la fête !
La garde robe est très restreinte dans cette famille de 7.
Lun dit au revoir, à regret, au seul homme de sa vie qui lui témoigne affection, attention et sécurité.
Deuxième visite : Borey et sa grand mère sont pleines de gratitude. Elles nous offrent le plus souriant des accueils !
L'histoire est pathétique dans ce coin de nature retiré et inspirant.
Avec une grande simplicité, la grand maman me raconte que sa fille était la plus belle de ce village perdu. Elle me montre d'ailleurs avec amour la photo de cette femme superbe.
Un jour, un soldat qui passait par là, remarqua cette femme magnifique et il l'obligea à le suivre en ville. Il la maria aussitôt et il lui fit deux enfants. Il lui cacha qu'il était atteint du VIH. Il infecta donc sa femme et ses deux filles. La mère mourut après la naissance de sa deuxième fille. Le soldat disparut avec une autre femme laissant à la grand-mère la responsabilité de la santé et de l'éducation des deux enfants.
Duongkha (5ans) et sa soeur Borey (11 ans) vivent avec leur grand-mère vieille et malade.

La grand maman me demande d'amener au Canada avec moi ses deux petites-filles afin qu'elle puisse être assurée de leur sécurité future. Elle est prête à se séparer de ses deux amours pour leur bien-être. Ce moment est très émouvant. Je sens alors les limites de mes ressources. Je ne peux offrir à cette dame ce qu'elle demande.
La nourriture que nous leur offrons les réjouit grandement et les ramène joyeusement à l'instant présent.
Cet après-midi, je me retrouve avec Usan l'infirmière avec qui j'avais fait les premières visites sur le terrain il y a quelques semaines. Nous rencontrerons deux patients. Pov qui étudie en nursing à Phnom Penh (grâce à notre soutient fiancier), se joindra à nous pour la dernière visite de la journée d'une petite fille de 4 ans.
Nous rencontrons Chan, 7ans, qui est d'une grande tristesse et d'une grande solitude.
Chan s'occupe lui-même de sa médication.
Usan indique à Chan les heures auxquelles il doit prendre ses médicaments. Il suit avec attention ses explications.
Cette visite est courte et sobre.
Pov est très heureux de se joindre à nous pour la dernière visite de la journée.
Nous allons rencontrer une petite patiente de 4 ans qui vit avec sa mère et son père alcoolique violent.
Une nouvelle de taille nous attends : la mère, en compagnie de son mari, d'une voisine et de l'une de ses 7 enfants, nous raconte que la petite malade est décédée la veille et à été incinérée le jour même. Nous sommes bouche bée.
Et la grand-mère nous raconte également, que sa petite fille de 16 ans a disparu depuis une semaine. Un homme de l'extérieur est venu la chercher pour un soi-disant travail dans un soi-disant restaurant de Phnom Penh qui n'existe pas. Depuis plus de nouvelles. La police exige 250$ pour faire enquête.
Pov, Usan et moi sommes complètement démunis devant cette bien triste histoire .
Nous ressentons comme jamais la limite de notre action. Que dire ? Que faire ?
Une famille de sept enfants dont trois sont à l'orphelinat, une disparue, une décédée et un père alcoolique..
Cette histoire est boulversante !
Usan tente de rassurer Pov qui est complètement chamboulé. C'est la vie qui doit continuer.
Chacun rentre chez soi songeur et silencieux.
Usan, fidèle à la tradition asiatique, affiche un large sourire pour cacher sa tristesse.
Nous retournons ensemble à l'hôpital où les enfants malades attendent.
Pov, pour sa part, rentre à moto dans son village pour aider sa maman à la récolte du maïs.
Demain, il doit retourner à Phnom Penh pour poursuivre ses études en nursing.
Et cette superbe forêt tropicale disparait derrière nous gardant précieusement ses secrets de joies et de souffrances.
Merci à vous, toutes et tous, du Québec et de la France, qui rendez possible, par votre généreuse participation financière, cette aide aux enfants et aux jeunes du Cambodge.
RECONNAISSANCE ET GRATITUDE !
lundi 9 février 2009
Passage de l'agriculture au nursing pour Pov au Cambodge
Pov a troqué son champs de maïs pour un banc d'université à Phnom Penh.
Son rêve est en train de se réaliser : grâce à notre soutien, il a entrepris des études à Phnom Penh (à 280 km de chez lui), à l'université Internationale , pour compléter un Bacc en Nursing d'ici 4 ans .
Nous le supportons totalement pour une formation à plein temps qui coûte 2,500 US$ par année. (scolarité, matériel scolaire, logement et nourriture).
Nous espérons encore des dons puisqu'il manque encore des fonds pour financer complètement l'année qui se termine.
Pov est un jeune de 22 ans provenant d'une famille de fermiers agriculteurs de Rulous situé à 30 km de Siem Reap (Angkor) au Cambodge.
Pov aime participer à la fête spéciale du village où l'on construit des pagodes en sables pour demander l'abondance pour la récolte du riz.
On prépare la délicieuse soupe locale
et le riz pour toute la communauté présente.
Pov, ses parents et ses soeurs sont très unis. Son père et sa mère sont plein de reconnaissance et de gratitude pour la possibilité que nous donnons à leur fils d'étudier. Ainsi, en plus de son avenir personnel, il pourra assurer un soutien financier futur (retraite) à ses parents.
La famille habite une modeste maison en paille sur pilotis pour se préserver des innondations du temps de la mousson.
Le voisinage est très pauvre.
La mère de Pov doit parcourir des kilomètres en vélo pour aller vendre ses épis de maïs bouillis.
Tout comme ces femmes qui feront une quarantaine de kilomètres pour vendre leur bois.
À Phnom Penh, Pov loge dans une petite pièce qu'il partage avec un ami étudiant en médecine.
Une petite chambre où il trouve son bonheur, cuisine à la porte de la toilette, dort dans un coin et étudie dans l'autre.
Ils ont un budget respectif de 1.76$ par jour pour manger. Ils vont au marché et mangent des légumes et du riz qu’ils cuisinent.
Je lui ai présenté M. Sophal, le directeur du Nursing de l'hôpital pour enfant (AHC) que nous supportons également.
Ceci lui ouvrira la porte pour un travail futur.
Pov étudie dans le but de venir y travailler dans 4 ans afin d'appuyer l'aide humanitaire que nous y effectuons.
Merci à vous de permettre ces moments de réalisation pour POV.
Au temple, il prie le Bouddha de vous protéger et de vous donner la Santé , l’Amour et le Bonheur.
Je suis très touché par le courage, la détermination et la compassion de Pov.
GRATITUDE !
vendredi 30 janvier 2009
Le jeune Makara, 14 ans, retrouvé.
Tel que promis, je suis retourné dans l'arrière pays cambodgien rencontrer Kakada 17 ans et j'ai enfin connu Makara 14 ans son petit frère également atteint du Sida. Makara (même prénom que la jeune fille visitée précédemment) ne parle presque pas l'anglais contrairement à son frère.
Dès mon arrivée, en guise de bienvenue, il m'offre l'eau de coco que nous partageons.
Au marché, j'ai acheté de la nourriture qui est fort appréciée par les deux frères.
Kakada et Makara n'ont pas mangé depuis longtemps. Ils attendrons poliment que je les invite à se servir avant de commencer à savourer fruits, légumes, et yahourt. Kakada fera cuire la viande plus tard et il préparera un goûter pour sa grand-mère toujours hospitalisée. Makara adore le yaourt aux fraises alors que Kakada préfère le raisin.

Des vêtements et uniformes scolaires neufs pour les deux frères : c'est un évènement qui ne s'est pas produit depuis longtemps.
Pour Kakada du matériel pour dessiner. L'artiste se met immédiatement à produire.
Après à peine un petit quart d'heure, sans aucun modèle à copier, voilà son oeuvre. Étonnant comme talent !
Carl G. Jung disait qu'à chaque fois que l'on permet à un symbole de prendre forme, par le dessin par exemple, un processus de transformation intérieure et de guérison se met immédiatement en place. Voilà pour toi Kakada : exprime-toi au maximum par tes créations et le miracle se produira.
Makara, pendant ce temps, étudie dans le dictionnaire illustré que nous venons de lui offrir, pour apprendre progressivement l'anglais.
MERCI À VOUS TOUTES ET TOUS QUI SOUTENEZ MON ACTION EN ASIE !
Grâce à vous, je peux rendre heureux des gens démunis et défavorisés.
GRATITUDE !
dimanche 25 janvier 2009
Rencontre de 4 belles âmes au Cambodge.

Aujourd'hui, c’est une journée de grâce ! Avec l'infirmière de l'hôpital pour enfants d'Angkor (AHC), dans le cadre du programme soins à domicile en régions éloignées, je suis allé dans l'arrière pays du Cambodge derrière le dos du Bon Dieu .
Ousar,(prénom signifiante ardente travailleuse) est la charmante et dévouée infirmière de l'hôpital pour enfants d'Angkor (AHC) qui m,accompagne.
Magnifiques paysages ruraux avec les légendaires palmiers à sucre.
Dans des villages reculés, parcourant des routes réservées aux buffles pour y arriver, j'ai rencontré 4 belles âmes dont le corps est atteint du SIDA et dont les 2 parents en sont décédés sauf pour Pisei dont la mère atteinte vit amoureusement à ses côtés.
La première patiente rencontrée est Makara (qui signifie janvier). Elle a 14 ans et à été recueilli par une voisine il y a 8 ans suite à la mort de ses 2 parents sidéens. Cette jeune femme dégage une grande tristesse et elle commence à peine à reprendre goût à la vie.
Sa maison est dans un grand désordre et l'hygiène y est à un bas niveau. Cette situation ne présente pas les meilleures conditions pour assurer une certaine forme de santé et de sérénité.
En route pour notre prochaine visite encore plus loin dans la campagne.
Il ne faut pas oublier tout le matériel médical nécessaire et quelques cadeaux.
Le paysage est extraordinairement appaisant.
Au bout d'un petit chemin étroit parcouru à pieds, la modeste et très propre maison de Pisei (qui signifie esprit bon et pratique).
Pisei habite avec sa mère et ses grands parents .
Pisai 6 ans et sa maman pleine de tendresse sont toutes les deux atteintes du Sida.
Dans cette maison pleine de lunière et de sourires règne une énergie de joie de vivre.
J'offre des rasoirs et je donne un cours de rasage suivi avec attention.
Notre bonne humeur et nos rires attirent les voisins.
Cet après-midi, nous nous enfonçons encore plus dans la campagne éloignée.
À notre arrivée, un jeune et sa soeur endormis au milieu de l'escalier.
Kakada, 17 ans ainsi que son frère de 14 sont atteints du SIDA. Leurs parents en sont morts. Ils sont élevés par leur grand-mère présentement à l'hôpital. Ils doivent se débrouiller seuls.
L'ordre et la propreté règnent dans cette modeste habitation. Toutefois, pas de nourriture. Ils doivent aller à 8 km demander aux bonzes, chaque jour, un peu de riz. Ils ont peur de dormir seuls. Ils dormiront dans la salle d'hospitalisation de leur grand-mère mais aucune nourriture ne leur sera offerte à cet endroit.
Le petit frère de 14 ans est introuvable. L'infirmière devra se contenter de traiter le plus vieux.
Kakada aime lire et étudier.
C'est aussi un artiste qui nous fait déjà un dessin improvisé sur un bout de papier.
Demain, je reviendrai lui apporter tablettes et crayons pour dessiner et des volumes.
Aussi, j'apporterai de la nourriture et des vêtements espérant retrouver le petit frère.
À suivre...
La vie a généreusement mis sur ma route : Makara 14 ans, Pisei 6 ans, sa mère Dyan 35 ans et Kakada 17 ans (dont le frère de 14 ans également sidéen était introuvable).
Merci de les inclure dans vos méditations et prières.
Je veux partager avec vous ces moments de grâce encore tous présents dans mon cœur.
Derrière le courageux sourire de ces enseignants guérisseurs blessés, se cache un énorme désespoir.
J'ai senti un grande tristesse spécialement chez Makara.
mercredi 21 janvier 2009
Krousar Thmey pour les enfants seuls du Cambodge
Depuis 7 ans, j’essaie d’apporter un soutien moral et financier au petit orphelinat Krousar Thmey (la nouvelle famille en khmer) de Siem Reap. Les 50 enfants alors âgés entre 5 et 17 ans ont vieilli. Plusieurs sont maintenant dans le monde à gagner leur vie avec les moyens qu’on leur a donnés. Ils ont dû quitter le Centre à 18 ans. Ils travaillent pour la plupart dans le secteur hôtelier. Il est très difficile de les retrouver. C’est très important de le faire afin de les soutenir. Ils sont seul(e)s maintenant face à la vie et ils vivent souvent dans des conditions précaires de solitude et sans supervision. Heureusement j’en ai rencontré plusieurs avec qui j’ai essayé de passer des moments ressourçants de présence, de soutien et d’encouragement.
Nous avons défrayé les frais des cours de langue et d’informatique pour plusieurs de ces jeunes.
L'an passé, ce fut le grand ménage à l’orphelinat et nous avons entrepris, grâce à l’aide franco-québécoise, de repeindre tous les bâtiments. L’année précédente, nous avions, entre autre, acheté des bicyclettes et des sacs d’école et du matériel scolaire.
L'organisation Krousar Thmey a un très grand rayonnement au Cambodge. En plus du petit orphelinat de Siem Reap, ils ont d'autres centres pour les enfants orphelins, les enfants des rues, les handicapés et les non- voyants. Ils ont aussi construit des écoles dans les quartiers pauvres de Poipet, Sisophon et Siem Reap.
www.krousar-thmey.org
Cette année, une constatation dramatique : le petit orphelinat de Siem Reap qui habritait régulièrement 50 enfants n'a plus que 34 locataires FAUTE DE FONDS. C'EST URGENT DE LES AIDER À RÉCUPÉRER CES 16 ENFANTS QUI SONT SEULS ET DANS UN BESOIN EXTRÊME DE GÎTE, DE NOURRITURE ET DE SOINS.
En mars dernier, nous avons acheté toute la peinture nécessaire à rafraîchir tous les bâtiments de l'orphelinat.
Madame Soeup est la directrice de l'orphelinat de Siem Reap depuis plus de cinq ans. C'est la maman de cette belle famille. Elle est ici en compagnie de Chantrea, 18 ans, qui étudie en hôtellerie à la célèbre école Paul Dubrule. Elle doit faire courageusement 2 heures par jour de bicyclette dans des chemins poussiéreux pour aller à l'école.
Sina et ses deux frères qui sont toujours à l'orphelinat. Leur jeune soeur y réside également.
Ils auront été 5 de la même famille à bénéficier de Krousar Thmey.

Le dimanche, on visionne un film .
Il a beaucoup changé physiquement depuis quelques années. Malheureusement ça ne bouge pas très vite mentalement. Mais quel coeur il a ce garçon que j'aime bien. Il est mon enseignant de vie !

Voici le plus jeune de la famille !
MERCI DE NOUS AIDER À TROUVER LES FONDS NÉCESSAIRES POUR PERMETTRE À 16 ENFANTS KHMERS SUPPLÉMENTAIRES DE COMPLÉTER CETTE BELLE NOUVELLE FAMILLE CAMBODGIENNE D'AMOUR !
samedi 17 janvier 2009
Le marché du dimanche à Phnom Penh au Cambodge
Phnom Penh est la capitale du Cambodge depuis 1866. Elle fut ous le régime colonial français de 1863 à 1953.
Elle devint indépendante dans les années 60 puis fut évacuée par les khmers rouges dans les années 70 sous le régime de Pol Pot.
Depuis, elle s'est revitalisée lentement mais beaucoup plus rapidement depuis 5 ans.
Le marché du dimanche est un moment de rencontres, d'échanges et de sourires sans jamais s'engueuler, ce qui risquerait de faire perdre la face et serait contre l'éthique khmère.
Jeunes et plus âgés se rendent au marché pour y retrouver des produits frais
et y rencontrer famille et amis.

Les bonzes profitent de l'occasion pour recevoir les offrandes et bénir les donateurs.
Un met est souvent recouvert d'un oeuf au plat ou incorporé dans les soupes et sauces. On ne conserve jamais les oeufs au refrigérateur. On les transporte souvent en moto au risque de l'omelette !
La viande se retrouve dans plusieurs mets, grillée ou en sauce épicée ou de currie doux et de noix de coco.
Le poisson est fraichement pêché du grand lac Tonle Sap
La sieste est un doux moment à respecter.
jeudi 15 janvier 2009
Cambodge : Sina retourne aux sources
Sina est un jeune de la région de Bantea Srei à 30 kilomètre du temple d'Angkor Wat. J'ai connu Sina il y a 5 ans à l'orphelinat et depuis je l'ai toujours soutenu.
Il a perdu son père et sa mère à l'âge de 7 ans restant seul avec ses 4 frères et soeurs dont 3 plus jeunes, abandonnés à eux-mêmes. Ils devaient quotidiennement marcher des kilomètres pour aller quêter un bol de riz au temple.
Un voisin s'occupe alors de les faire héberger tous par l'orphelinat Krousar Thmey (qui signifie la nouvelle famille).
Nous apportons une aide à cet orphelinat depuis plusieurs années.
Sina a dû quitter l'orphelinat comme il le faut à 18 ans.
Il s'est alors retrouvé seul avec lui-même devant la vie comme 10 ans auparavant, sans argent et souvent sans nourriture.
Courageusement, il réussit à se trouver une formation gratuite en cuisine qu'il a poursuivi pendant 9 mois.
Il vient maintenant de se trouver un travail d'aide cuisinier dans un Guest House. Chaque matin, il va au marché acheter les provisions et ensuite il travaille 9 heures par jour pour un salaire quotidien de 3$
.
Sina veut retourner aux sources. Je l'accompagne dans ce pélerinage émouvant qui nous conduit dans la campagne éloignée.
Après 2 heures de route poussiéreuse, Sina retrouve son vieux grand père de 85 ans qui a perdu un oeil sous le régime de tortures de Pol Pot(1975). On dirait un vieux chaman qui l'attendait là dans sa cabane tout simplement. Les 2 pleurent doucement l'un près de l'autre.
Sina me raconte que très jeune il devait se lever à 4 heures le matin pour aller porter de lourds fagots de bois à 40 kilomètres à bicyclette.
Sina m'entraine à travers ronçes et arbustres pour arriver à la terre de son père où il a vécu pendant 7 ans. La cabane familiale a disparu.
Sina retrouve un étang presqu'à sec. Il me raconte que là, il pêchait avec son père.
Plus loin, le four pour fabriquer le charbon de bois que son père avait construit. Ils faisait ensemble la livraison vers les villages éloignés. 
Puis, une tante émue de revoir Sina, l'amène dans un endroit précis. Elle déblaie les feuilles recouvrant le sol et sous celles-ci, des bouts de bois calcinés : c'est là que le corps du père de Sina fut brûlé enveloppé dans deux grandes feuilles de bananier car la famille n'avait pas d'argent pour l'incinération au temple. Sina s'agenouille et prie. Il rend grâce pour avoir retrouvé enfin son papa. Il pleure doucement et moi aussi.
Son rêve c'est de redonner vie un jour à cette terre familiale et d'y planter des arbres fruitiers à la mémoire du travail intense de ses parents. Par la suite. à 3 kilomètres, Sina tombe dans les bras de sa tante, la soeur de sa maman . Il se souvenait bien du chemin pour y arriver.
Elle est très émue et lui aussi. Elle trouve que Sina a bien grandi. Elle l'envoie chercher de l'eau de coco qu'elle nous offre avec grand plaisir en signe de bienvenue. Elle nous fait également cuire des galettes de patates douces.
Nous offrons un bâton de marche au grand père et des fruits et un peu d'argent à sa tante qui en prend soin. Leurs conditions de vie est limite. Ils sont là seuls au milieu de nulle part empoussiérés aux 10 minutes par les camions qui transportent de la terre sablonneuse en ville pour la construction d'hôtels de luxe. Je réalise à quel point l'envahissement des touristes a de graves répercussions sur la santé des gens même dans les villages éloignés. C'est bien triste comme réalité.
Au retour,Sina s'arrête un moment près d'un étang sacré (jadis réservé à la royauté d'Angkor). Il s'y purifie, rend grâce et demande protection pour les siens enfin retrouvés. MERCI SINA POUR CE BEL EXEMPLE DE COURAGE ET DE DÉTERMINATION.
dimanche 4 janvier 2009
Visite à la pouponnière du AHC au Cambodge
Une visite à la pouponnière du Angkor Hospital for Children (AHC) de Siem Reap au Cambodge, m'a tout d'abord permis de constater que notre petite fille abandonnée par sa mère semblait avoir trouvé un peu de paix en compagnie de son amie la tortue . Quel soulagement !
.
Aussi, j'ai découvert qu'il n'existait qu'un incubateur pour recevoir les bébés en besoin de couveuse. Premier arrivé, premier servi !
Pour les autres, on doit se débrouiller comme on peut ! L'hôpital a encore besoin d'un énorme support financier. Merci à vous du Québec et de la France qui nous avez fait parvenir généreusement vos dons ! À vous qui nous lisez et qui désirez vous joindre au mouvement d'entraide, vos dons sont nécessaires de toute urgence. Veuillez m'envoyer un courriel et je vous dirai comment faire rapidement par mon intermédiaire ou bien écrivez à mon amie ARUN : arun@angkorhospital.org Elle recueillera vos dons pour le Cambodge via le bureau des USA.
Parfois c'est la grand maman qui doit s'occuper de l'enfant dont ne veut pas son petit fils ou sa petite fille.
À cette autre maman qui trouvait son enfant beaucoup trop petit, j'ai donné plein d'encouragement en lui disant que j'étais moi-même un enfant de 7 mois. Voyant ma taille physique imposante, avec un rire de soulagement, elle me fit comprendre qu'elle était bien rassurée.
L'hôpital qui aura 10 ans en février, offre des services médicaux gratuits à près de300 à 500 enfants par jour.
C'est donc plus de 100,000 enfants qui ONT DROIT À UNE VIE EN SANTÉ qui bénificient des soins d'une équipe médicale exceptionnelle.
www.angkorhospital.org










vendredi 26 décembre 2008
L'enfant de Noël khmer (au Cambodge).
Le petit enfant de Noël pour moi fut ce bébé sidéen abandonné par sa mère au Angkor Hospital for Children à Siem Reap au Cambodge.
Là, toute seule avec son toutou, elle pleurait de souffrance, de solitude et d’abandon familial.
Tout autour de cette petite fille, de petits bébés en compagnie de leur maman ou papa qui les réconfortent.
Pour d’autres c’est le moment de l’intervention chirurgicale qui ne peut attendre.
Leur père Noël, c’est le chirurgien qui leur redonnera en cadeau la santé.
Tous ces Khmers ont une patience et un courage exemplaires.
Ces moments sont forts touchants et nous font apprécier la santé et l’abondance qui nous accompagnent.
Merci aux généreux donateurs français et québécois pour leur soutien financier à cet hôpital qui fait des merveilles. (voir ARCHIVES mars 2008).





Par la suite, question de décompresser, nous naviguons sur le lac Tonle Sap (le plus grand lac d’eau douce d’Asie du Sud-Est) pour aller célébrer Noël, simplement, dans une famille riveraine avec une partie du personnel de l’hôpital qui ont revêtu la tuque traditionnelle du père Noël occidental.
Inoubliable cette journée d’amour du 25 décembre, unique et très émouvante.








mardi 23 décembre 2008
Angkor Hospital for Children, Siem Reap, Cambodge

Au Cambodge, il y a des enfants partout. 50% de la population a moins de 15 ans et il faut agir en conséquences. En 1995, un photographe Japonais, Kenzo Izu, fonda FRIENDS WITHOUT A BORDER (AMIS SANS FRONTIÈRES) afin de construire l’hôpital pour enfants d’Angkor en 1999. Cet hôpital offre un service pédiatrique complet et une assistance médicale immédiate et gratuite à la population de Siem Reap et des villages environnants.
Cet organisme vise à construire un futur radieux et sain pour les enfants cambodgiens.
De plus, sur les lieux mêmes, dans la salle d’attente, un spécialiste instruit les parents sur l’hygiène, la prévention et le traitement de certaines maladies. 

À l’intérieur, on permet aux parents d’accompagner leurs enfants et de dormir sur place. Un lieu est prévu pour la cuisine et en plus d’offrir de la nourriture de qualité, on leur enseigne la saine alimentation. Pendant leur attente, les enfants sont également pris en charge par des éducateurs spécialisés.



Au Cambodge, 65,000 enfants âgés de moins de 5 ans, meurent chaque année de maladies curables comme la pneumonie, la diarrhée ou la malaria.
La mortalité infantile au Cambodge est 14 fois plus élevée qu’en Amérique.
......................................Depuis son ouverture, l’hôpital a traité plus de 100,000 enfants par année et des milliers d’interventions chirurgicales ont été pratiquées. De plus des services externes sont dispensés pour les enfants atteints du Sida et leur entourage. Les familles sont non seulement pauvres mais également non éduquées. Plus de 90,000 familles de villages éloignés ont reçu la visite du personnel qualifié de l’hôpital Angkor pour enfants.
Le personnel de l’institution est à 98% khmer.



L’hôpital forme 1,000 travailleurs de la santé cambodgiens chaque année.
Des bénévoles professionnels de la santé viennent du monde entier y partager leur savoir pour des périodes variant de quelques semaines à plusieurs mois.
......................................................Merci aux clients transpersonnels pour leur participation financière à cette œuvre humanitaire. Une partie de leurs frais de stages, d’ateliers et de consultations est versée en dons directement à l’hôpital d’Angkor pour enfants.
samedi 20 décembre 2008
Joyeux Temps des Fêtes !
Depuis l'Asie,
en ce moment de fin de cycle et d'émergences,
je vous offre mes Meilleurs Voeux
pour ces temps d'amour et de partage.
samedi 13 décembre 2008
Promenade au fil des thaïs et de leurs proverbes
Ma hao mai kat. Les chiens qui aboient mordent rarement. Ne pas craindre les gens qui parlent très fort.
Nio sua pa chorakhe. Vous échappez au tigre et vous rencontrez le crocodile. Un malheur en attire un autre.

Nam chieo ya khwang rua . N’allez pas à contre courant avec votre bateau, c’est le pire qui vous attend ! Être ouvert et suivre le courant de la vie qui connaît sa direction.
Lop mak lap hai. Tuer l’oie qui pond des œufs d’or. Désir exagéré conduit à la perte. Apprécier l’abondance sans en vouloir encore plus.
Du chang hai du chang. Pour connaître une jeune fille, observez sa mère. Telle mère telle fille.
dimanche 7 décembre 2008
Promenade au fil du temps et des proverbes thaïs.
Nam ron pla pen. Nam yen plat tai. Dans l’eau chaude le poisson vit bien. Dans l’eau froide, il meurt. On attrape les mouches avec du miel et non du vinaigre. On récolte ce qu’on a semé.

Suai tae rup chup mai hom. Si une femme a seulement un beau corps, tu n’apprécieras pas son haleine quand tu l’embrasseras. La beauté sans la grâce est une violette sans parfum. Ne pas se fier aux apparences.

Ram mai di, thot pi thot klong. Quand tu danses mal, tu blâmes la flûte et le tambour. Le mauvais ouvrier blâme ses outils.

Manao klom kliang mai mi khrai klueng. La lime est ronde et lisse naturellement. Les talents sont là comme un don sans être façonnés.

Ya ching suk kon ham. Mûrissement prématuré, pourriture hâtive. Bousculer les choses, brûler les étapes, conduit à une fin rapide.

Kai ngam phro khon. Un coq est beau à cause de ses plumes. L’habit ne fait pas le moine.
vendredi 5 décembre 2008
ANNIVERSAIRE DU ROI RAMA IX
Le 5 décembre est une journée très spéciale pour toute la Thaïlande : l’anniversaire de naissance du papa bien aimé de toute la nation : le Roi Bhumibol Adulyadey.
Il célèbre aujourd’hui ses 81 ans et toute la Thaïlande, de jaune habillée (couleur associée au lundi, jour de naissance du monarque), dit à sa majesté son amour inconditionnel. Cette année, l'inquiétude est très grande : pour des raisons de santé, le roi n'a pas livré son discours traditionnel. Ce discours était très attendu vu les évènements politiques qui boulversent actuellement la Thaïlande. Un message du roi aurait été d'une grande importance à la veille de la nomination d'un nouveau premier ministre.
Rarement a-t-on vu un souverain aussi profondément présent dans le cœur de tous sans exceptions. De plus, il a assuré le plus long règne de l'histoire de la monarchie contemporaine. Le roi est né le 5 décembre 1927 à Cambridge au Massachusetts. Son père étudiait alors la médecine à l’université d’Harvard. Il fut intronisé à l’âge de 19 ans devenant le roi Rama IX de la dynastie des Chakri, suite à l’assassinat tragique mystérieux de son frère aîné dans le palais. Depuis plus de 61 ans, il règne avec amour et générosité sur la Thaïlande.



Les photos du roi ont une place d’honneur dans chacune des maisons thaïes et dans villes et villages partout sur les grandes artères. « Longue vie au roi ! » peut-on lire partout dans les lieux publics.
Chaque lundi, en son honneur, on s’habille de jaune.
dimanche 30 novembre 2008
La foire du dimanche soir à Chiang Mai.
La sortie familiale du dimanche soir, c'est sur la rue Rachadamnoen que ça se passe.
On à peine à se frayer un chemin pour marcher à travers cette foule heureuse et tout sourire
On vous offre des produits artisanaux variés (même de la glace artisannale), de la nourriture salée et sucrée et des massages. On vous sollicite pour toutes sortes de causes, des jeunes chantent ou jouent d'un instrument pour se faire un petit revenu; des non-voyants s'en donnent à coeur joie et jouent à fond la caisse avec des instruments de fortune alors qu'une danse de marionnettes anciennes vous est présentée avec grâce. C'est la joie partout, sans cris et sans alcool...tout simplement dans le plus grand respect des autres. Et moi comme farang, je suis confondu à cette foule qui tout en me comblant de sourires me donne l'impression de faire partie du pays. Je souris à mon tour me rappelant de la discrétion que je devrai avoir dans mon comportement souriant en public à mon retour en occident.



mardi 25 novembre 2008
Tatouages, bonzes et mysticisme
Au début de chaque année, une cérémonie très particulière regroupe des jeunes hommes dans un temple près de Bangkok. On assiste alors au tatouage par des moines maîtres dans le domaine, de centaine d’hommes venus chercher protection supplémentaire dans leur vie. Ce sont des gens souvent engagés dans des activités importantes parfois illicites. Ils sont exposés à de nombreux risques. Policiers, pompiers, gangsters, vendeurs de drogues, tous se retrouvent réunis dans le dessein de recevoir une protection accrue. Ils croient au pouvoir métaphysique des symboles anciens tout en vénérant le bonze comme étant le fils du Bouddha et possédant le pouvoir de transmission de la protection.
Les symboles ainsi gravés sur tout le corps sont appelés yantra ou sak yan. On y retrouve des représentations du tigre et du lotus ainsi que des mantras en Pali reproduisant les enseignements du Bouddha. On demande aussi à recevoir le tatouage du serpent magique, du tigre puissant ou du dragon sans peur. Le corps de certains hommes ressemble à un musée de versets en Pali.
Le tatouage est une ancienne tradition thaïe qui peut s’inspirer de trois éléments spirituels des pratiques tribales : Souffrance, Permanence et Perte du Sang source de vie. Cette triple association mystique signifie que
un processus souffrant, en ayant la croyance, permet à l’initié une occasion d’établir une relation transcendante avec les dieux ou d’acquérir des pouvoirs magiques et de la protection spéciale par la transe qui permet l’état de Vision.
Le bonze tatoueur utilise une tige de métal de 50 centimètres pour perforer la peau et inscrire sa gravure sacrée. Autrefois, on utilisait la tige de bambou moins hygiénique et beaucoup plus souffrante.
Une douzaine de bonzes dans le pays sont reconnus pour leur pouvoir de tatouage sacré.
Dans la tradition chinoise, on procédait au tatouage pour marquer le passage de l’adolescence au monde adulte.

Peut-on faire un lien, dans notre société occidentale, avec cette mode accrue pour le tatouage? N’ayant plus trop de croyances mystiques ou de saints à qui se vouer, se tourne-t-on vers des pratiques anciennes pour acquérir Force et Protection ? Et pour ce qui est des tatouages à connotation amoureuse, essaie-t-on d’assurer une Permanence à ce qui ne pourrait être que cyclique ? Les rituels et le sacré sont partie intégrante de l’humain quel qu’il soit et où qu’il soit. L’utilisation de la drogue pour atteindre des états modifiés de conscience pourrait en être l’évidente manifestation. Ici, en Asie, méditation, rituels, mysticisme et respect du sacré font partie du quotidien. C’est une ressource intérieure indispensable à la vie. Ça se sent et ça se respire et ça transpire. Merci au pays pour ce cadeau inestimable

dimanche 16 novembre 2008
Le Loy Krathong et le Yi Peng à Chiang Mai en Thaïlande
Les 11, 12 et 13 novembre, c'est la fête traditionnelle de la pleine lune du douzième mois lunaire.
C'est un rituel national de purification pour demander pardon pour ses erreurs, à Khongkha et Ganga, les déesses de la rivière, et les confier à la rivière au moyen d'un petit kratong, petit bateau en forme de fleur de lotus construit dans une feuille de bananier. On y dépose fleurs, (parfois nourriture) bougies, encens et pièces de monnaie. De plus, à ce moment, les bonzes se rasent la tête en signe d'humilité et exceptionnellement sortent sur la rue à minuit pour recevoir
nourriture et dons. C'est un bon moment pour recevoir des mérites et la protection du Bouddha. Dans le Nord du pays, on y ajoute la tradition de la région du Lanna : le Yi Peng (lanterne style petite mongolfière activée vers le ciel par le feu) ou khom loy. C'est une façon d'évacuer ses soucis et les complications inutiles de la vie. On les laisse se confondre avec les étoiles du firmament sous la protection de la pleine lune.
La saison des pluies est terminée : place au soleil et à la lumière !Moments de rituels très émouvants, moments de célébrations du coeur et de l'âme où cigarettes et alcool ne sont pas permis. Seul certains touristes enfreignent la règle. C'est le coeur en fête, c'est l'enfant en émerveillement, c'est l'humain à l'état pur dans ce qu'il a de meilleur. Les âmes et coeurs sont en fusion et en célébration.
Merci pour ces moments de grâce !











vendredi 7 novembre 2008
Du Québec à l'Asie
Fin octobre dans les Laurentides, l'automne avec ses érables aux couleurs fabuleuses fait rapidement place aux rigueurs de l'hiver qui s'annoncent déjà.
Les bêtes sauvages même sont surprises.
Puis c'est le passage vers l'Asie, pays du soleil et des sourires




















































































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