samedi 31 décembre 2011
Bonne Année 2012 depuis le Cambodge
LES ENFANTS DU CAMBODGE VOUS REMERCIENT
ET VOUS SOUHAITENT UNE ANNÉE PLEINE D'ABONDANCE, DE SANTÉ ET D'AMOUR.
GRATITUDE POUR VOTRE SOUTIEN !
Une joie partagée est une double joie.
Un chagrin partagé est un demi chagrin.
Jacques Boularan
mercredi 14 décembre 2011
Mon ami Sophearin, un soignant khmer de compassion.
Il soigne avec amour et compassion les enfants malades infectés par le virus du VIH.
Depuis 10 ans et 10 mois Sophearin Dim travaille comme infirmier soignant à l'hôpital pour enfants d'Angkor (AHC) à Siem Reap au Cambodge.
https://angkorhospital.org/
Depuis 6 ans, il est affecté au département Home Care (soins à domicile) de l'hôpital.
Il est responsable du programme de soins pour les enfants des campagnes éloignées infectés par le virus du sida.
Aujourd'hui, je veux vous présenter cette personne exceptionnelle
débordante de compassion et d'humilité.
J'ai connu Sophearin alors que je l'accompagnais pour une tournée de visites à domicile dans la campagne éloignée. Les jeunes patients visités souffrent à 75% d'infection du virus du sida et 15% de malnutrition et parfois des deux.
Par la suite, nous sommes devenus de bons amis et nous avons passé de nombreuses journées à parcourir les campagnes et l'arrière pays du Cambodge pour rencontrer des enfants malades et des familles dans le besoin. Grâce à Sophearin, votre soutien financier a pris une forme concrète directement sur le terrain par la distribution de médicaments, de vêtements, de nourriture et de tout ce qui peut être nécessaire dans le quotidien pour vivre avec le minimum de dignité humaine.
La journée avec Sophearin commence à 7 h le matin pour se terminer vers 17h30 de retour à l'hôpital où un rapport détaillé quotidien est rédigé sur chacune des 8 visites. Souvent plus de 175 kilomètres ont été parcourus.
Sophearin ne rentre jamais chez lui avant 19h30. Il travaille un samedi sur deux et il n'a que le dimanche comme journée de congé en demeurant disponible pour les urgences.
Une visite commence par la pesée. Un enfant qui perd du poids a un problème soit de santé ou de malnutrition et il faut trouver la cause et agir rapidement.
Puis c'est l'examen médical. Tout est précieusement noté au dossier de l'enfant qui est scruté à la loupe.
Sophearin s'informe de la saine alimentation des enfants et l'équilibre des produits consommés afin, entre autre, de contrer les effets secondaires des médicaments consommés.
Chaque famille recevra un panier de provisions contenant des produits frais provenant des jardins biologiques de l'hôpital, ainsi que des oeufs, du riz et parfois du poisson. Parfois les enfants n'ont pas mangé depuis longtemps. Cette petite fille très affamée a consommé trois bananes en ligne.
Il faut aussi vérifier soigneusement la prise des médicaments (antirétroviraux).
Ces médicaments à triple composition peuvent traiter l'hépatite B et agissent comme inhibiteur d'un enzyme dont a besoin le virus du HIV pour se multiplier.
Chaque comprimé est soigneusement compté et un programe quotidien est établi avec répartition dans un distributeur quotidien. L'oubli de prendre des médicaments peut avoir des conséquences dramatiques avec le renforcement du virus .
Il est aussi question d'hygiène corporelle. Souvent des savons, shampoings et brosses à dents sont distribués.
Un autre moment est consacré à évaluer le moral de l'enfant. Chamroeun, 17 ans qui souffrait de problèmes cardiaques et de dépression nerveuse est décédée au printemps 2011. Je la connaissais depuis deux ans. Elle aimait beaucoup Sophearin et à lui seul offrait un discret sourire.
Les patients infectés par le virus du VIH sont souvent rejetés. C'est pourquoi ils ont besoin ainsi que leurs répondants d'un sérieux support psychologique. Cette jeune patiente et sa maman sont toutes les deux infectées.
Les patient(e)s visité(e)s ont entre quelque mois et 18 ans. Ils sont soignés et opérés gratuitement.
C'est pour cette raison que nous avons tellement besoin de généreux donateurs qui constituent la seule source de survie des enfants malades pris en charge par l'hôpital.
Un entretien est nécessaire avec les adultes tuteurs des jeunes. Comme souvent les parents sont décédés à cause du sida, c'est la grand mère, ou une tante ou même une grande soeur qui prend soin du patient.
Vers 13h c'est le moment de la pause avec un pique nique que je fais préparer à Siem Reap dans un restaurant local. Tout le monde se régale de bons produits frais et on discute du travail des visites de l'avant-midi et du plan de l'après-midi.
Cet après-midi, Sophearin prescrira un réservoir de purification d'eau dans une case et une lampe à énergie solaire dans une autre.
Et on s'arrêtera dans un petit marché pour acheter des sandales por les enfants.
Sophearin a trente deux ans et il est le père de deux enfants : Rortana 7 ans et Channavorth 4 ans. Sa femme Srey Thach, 30 ans, est technicienne en laboratoire.
Il est un père de famille exemplaire et très patient avec ses deux enfants hyperactifs qui demandent une constante attention. Toujours il a le sourire et reste calme.
Srey Thach accouchera d'un troisième garçon en février 2012.
Sophearin est le cinquième d'une famille de sept enfants. Son père est décédé il y a deux ans suite à des problèmes cardiaques à 69 ans.
Sa mère a 60 ans et elle vit chez une de ses filles. C'est une femme souriante, calme, bonne et discrète tout comme son fils Sophearin qui la visite deux fois par année.
Sophearin est toujours disposé à aider et à partager. Ainsi il a organisé un groupe d'entraide avec ses confrères de travail pour supporter ces soldats qui défendent leur pays dans le dossier des disputes territoriales avec les thaïlandais entourant le site du temple de Preah Vihear.
À plusieurs reprises, il est allé porter de la nourriture et du support financier aux braves soldats qui risquent leur vie pour une question d'honneur et de croyances.
Les soldats ont beaucoup apprécié ces visites de Sophearin où avec son écoute et sa générosité habituelle, il a été attentif à ce que les militaires avaient à lui partager.
Lors des terribles inondations de cet automne, Sophearin a pris le temps de visiter chacun de ses patients quelque soient les conditions d'accès.
On le voit ici en train d'aider le petit Chikang et sa maman à évacuer leur modeste hutte.
Sophearin est un soignant d'écoute et de compassion.
Les petits patients dont il s'occupe l'accueillent toujours avec beaucoup de bonheur.
Il y a deux semaine, Sophearin a reçu une reconnaissance spéciale de ses pairs : il a été choisi par eux comme l'infirmier modèle et dévoué de l'année de son département. À cet effet, il a reçu avec sept autres collègues de l'hôpital, le prix annuel de la fondation du Dr. Kamachi du Japon .
Le prix est ici remis officiellement à Sophearin par Sophal le chef des infirmiers et infirmières.
En arrirère plan, à gauche, le Dr. Bill directeur de l'hôpital et sur la photo, le Dr Kamachi.
MERCI SOPHEARIN POUR TOUT CE QUE TU M'AS REFLÉTÉ SUR LA PRÉSENCE À L'AUTRE !
Je suis honoré d'être ton ami.
Je crois que le but de toutes les grandes traditions religieuses
n'est pas de construire de grands temples à l'extérieur,
mais de créer des temples de bonté et de compassion
à l'intérieur, dans nos coeurs.
Dalaï Lama
samedi 26 novembre 2011
Cambodge et Vietnam toujours inondés
1.8 millions d'inondés au Cambodge et au Vietnam
Sur cette photo de SonSun et de sa maman prise en février dernier dans son champs de maïs offrant une production inespérée grâce au fumier des vaches offertes l'année précédente, c'est le bonheur total.
Tout a bien changé cet automne dans plusieurs villages du Cambodge.
On a beaucoup parlé des inondations dont se remet lentement Bangkok avec plus de 600 morts. On a toutefois oublié les personnes des campagnes des pays voisins toujours aux prises avec des problèmes d'eau.
1.8 millions de paysans du Cambodge et du Vietnam sont toujours inondés.
Dans le village de Roluos où habitent les parents de SonSun (étudiant en pédiatrie que nous supportons depuis 4 ans) la situation n'est pas rose. Le champ de maïs ne produira pas cette année. C'était la seule ressource de la mère de SonSun qui cuisait ses épis dès 3 heures le matin pour ensuite aller les vendre à vélo à 40 kilomètres de chez elle.
Même difficultés dans la rizière que cultive le père de SonSun : inondée et inproductive.C'est la désolation.
Problème aussi pour les vaches que nous avons offertes à cette famille. De deux elles sont devenues quatre et l'une d'elle est encore enceinte. Il faut nourrir les bêtes et tout est dans l'eau. On doit chercher et payer pour de la paille sèche.
On fait sa lessive dans de l'eau sale pleine de détritus .
On s'y déplace avec les moyens du bord: tubes, radeaux et même des baignoires d'enfants.
Pendant ce temps en Thaïlande...
Une vieille dame revient du marché utilisant une passerelle de fortune;
Un homme se lave et se rafraîchit dans de l'eau poluée remplie de bactéries ;
Avec un beau sourire, un enfant transporte avec beaucoup de précautions un appareil à gaz utilisé par sa famille pour cuire la nourriture.
MERCI À VOUS TOUTES ET TOUS DU QUÉBEC ET DE LA FRANCE POUR VOS GÉNÉREUX DONS.
À LA VEILLE DU TEMPS DES FÊTES JE FAIS UN APPEL PRESSANT À VOUS QUI AVEZ PEUT-ÊTRE OUBLIÉ.
NOUS AVONS UN URGENT BESOIN DE SOUTIEN FINANCIER ADDITIONNEL IMMÉDIAT.
POUR FAIRE UN DON,veuilez communiquer avec nous en cliquant sur l'onglet COMMENTEZ CE MESSAGE à la fin du présent message (un peu plus bas)
MERCI DU FOND DU COEUR !
dimanche 20 novembre 2011
Un bouddha pour chaque jour de la semaine.
Dans un temple, on retrouve toujours plusieurs représentations du Bouddha.
On veut ainsi éviter l'idolâtrie du prophète.
On se retrouve donc dans l'esprit des enseignements du Bouddha et non à l'adorer.
Le Bouddha, personnage dont l'historicité n'est pas mise en doute, est un chef spirituel du VIème siècle avant notre ère qui aurait vécu environ quatre-vingt ans.
Dans les pays où est pratiqué le Bouddhisme Théravâda (Thaïlande, Laos, Cambodge) , chaque jour de la semaine est attribué à un Bouddha se tenant dans une posture spécifique.
La tradition veut que les fidèles prient de préférence le Bouddha de leur jour de naissance.
Pour connaître votre jour de naissance, veuillez consulter le lien suivant:
http://www.monvraianniversaire.com/
Bouddha du lundi :
Phra Harm Samot : "Pacifier ses proches".
Ce Bouddha est debout, avec une ou deux mains tendues paumes en avant devant lui. Cette posture rappelle le rôle pacificateur et protecteur du Bouddha. Il convainc sa famille en contestation de faire des compromis pacifiques. C'est l'attitude de la "maîtrise des passions" rappel de la parabole selon laquelle le Bouddha accomplit le miracle de calmer l'océan.
La couleur reliée au lundi est le jaune.
Bouddha du mardi :
Phra Sayiasna: "Atteindre le nirvanna".
Ce Bouddha est dans la posture du Parinirvana .
Il est couché sur son côté droit, la main droite supportant sa tête, la main gauche posée le long du corps, les deux pieds parallèles. Il est mort.
Les textes indiquent qu'il est entré dans le parinibbana le mardi.
Ses dernières paroles à ses disciples furent :
"Comme une flamme soufflée par le vent va se reposer et ne peut être définie,
ainsi le sage libéré de l'individualité va se reposer et ne peut être défini.
Il a dépassé toutes les images et est allé au delà du pouvoir des mots ".
La couleur reliée au mardi est le rose.
Bouddha du mercredi (en journée):
Phra Oom-Baht : "Recevoir les offrandes".
Ce Bouddha est représenté debout, tenant un bol à aumônes de ses deux mains. Cette posture est un rappel du devoir pour les moines de suivre l'idéal de détachement et de pauvreté du Bouddha et d'aller chaque jour recevoir leur nourriture de la main des fidèles.
L'histoire raconte qu'après quatre années de son ministère, le Bouddha se rendit visiter son père, son jeune frère et son fils. Son père fut consterné d’apercevoir son propre fils en attente de recevoir des aliments dans un bol d'aumône. Le Bouddha le rassura en l'informant que la descendance du Bouddha devait réaliser le pindabat qui consiste à être réceptif aux adeptes qui apportent avec dévouement des aliments quotidiennement aux bonzes.
Encore aujourd’hui, tôt le matin, les fervents bouddhistes se rendent nourrir les bonzes qui parcourent pieds nus les rues de la ville pour recevoir la nourriture qu’ils ne pourront consommer que deux fois par jour, soit à 7 heures et à 11 heures.
La couleur reliée au Bouddha du mercredi (jour) est le vert.
Bouddha du mercredi (en soirée) :
Phra Pang Reerai
Quand le Bouddha rechercha la solitude pour méditer sans distractions, les animaux de la forêt lui apportèrent sa nourriture. Ce Bouddha est représenté assis à l'occidentale, en train de recevoir des offrandes d'un singe et d'un éléphant. La main droite (qui est du côté de l'éléphant) est ouverte en signe d'acceptation, la main gauche (qui est du côté du singe) est fermée en signe de refus.
Il est habituel de voir dans un jardin du temple, une image du Bouddha assis avec un éléphant lui offrant un bol de fruits et un singe lui présentant un nid d'abeilles.
La couleur reliée au Bouddha du mercredi soir est le bleu foncé.
Le Bouddha du jeudi :
Phra Nung Samadhi : "Le Bouddha en méditation".
Ce Bouddha est représenté dans sa posture classique de méditation, les jambes en lotus et les mains jointes. C'est le rappel de la posture classique de méditation : la position du lotus avec la plante des pieds bien visible, les mains reposant sur les genoux, la droite au dessus de la gauche avec tous les doigts tendus , paumes ouvertes vers le ciel. Dans cette position, le corps est réceptif à l'énergie qui entre par le haut de la tête et les paumes ouvertes des mains.
La couleur reliée au Bouddha du jeudi est l'orange.
Le Bouddha du vendredi :
Phra Rum Peung : "Le Bouddha en contemplation".
Ce Bouddha est représenté debout avec les bras croisés sur sa poitrine. C'est un rappel de son hésitation à enseigner après avoir atteint l'Eveil. Cette position implique une transformation spirituelle complète. Une quiétude bienfaisante exprime la sérénité obtenue par la méditation Vipassana (introspection profonde dans la nature de la réalité). La pratique méditative développe la vision claire par l’entrainement des facultés via l'expérience directe.
La couleur du Bouddha du vendredi est le bleu-ciel.
Le Bouddha du samedi :
Phra Naphrok :"Bouddha protégé par le roi des nagas".
Ce Bouddha est représenté en méditation profonde, assis sur un grand serpent enroulé (le roi des nagas) qui s'élève à le protéger, de ses 7 têtes, d'une tempête qui fait rage. Le Bouddha ignore le tumulte car il est soulevé au dessus des vagues par le naga ("serpent" en sanskrit). Le nâga est gardien et protecteur, médiateur entre ciel et terre, intercesseur entre ce monde et l'au-delà .
La couleur du Bouddha du samedi est le violet.
Le Bouddha du dimanche :
Phra Tawai Neth : "Sept jours de recherche".
Ce Bouddha est debout, les mains croisées vers le bas devant le corps. La main gauche est couverte par la droite. Cette attitude représente la période après que le Bouddha eut atteint l’Illumination. Il était parvenu à l'état d'Illuminé alors qu'il était demeuré assis sous un arbre (le Bho) pendant sept jours dans une profonde méditation. Il est dit qu'il se tint ensuite en méditation debout pour une très longue période pour ensuite atteindres une profonde intériorité.
La couleur du Bouddha du dimanche est le rouge
Enfin, il y a souvent une représentation du Bouddha qui n'est pas spécifique à un jour particulier de la semaine:
« La victoire sur Mara »
(Mara : antithèse du Bouddha. ) Gautama (le Bouddha) demeure assis sous l'arbre du Bodhi ("Bodhi", terme pâli et sanskrit signifiant l' Éveil. Dans le bouddhisme, le terme s’applique à une personne libérée du samasara, le cyle des renaissances et le tourbillon des passions.) jusqu'à atteindre l'illumination.
Orienté vers l'Est. Il médite là, visage tourné vers l'Orient, résolu : “même si mon sang s'assèche et qu'il ne me reste que les os secs, je ne bougerai pas de cet endroit avant d'avoir atteint l'illumination.”
Au même moment, Mara, le démon, vient pour essayer de le distraire et le décourager de son effort. Le tentateur, envoya ses filles pour le séduire en dansant - mais Gautama n'ouvrit guère les yeux ; les filles se dissipèrent. Défait par la sagesse suprême du Bouddha, il est forcé de se retirer.
Le matin suivant, le Bouddha atteignait l'illumination.
Puis Mara dénia l'éveil de Gautama, qui fit le geste connu « la prise de la terre à témoin ».
La terre trembla, prouvant l'éveil de Gautama . Mara fut vaincu.
Puisse l'énergie du Bouddha du lundi m'accompagner et me permettre d'essayer d'apaiser les tempêtes (crées par le mental) qui envahissent parfois le coeur et l'âme des gens mis sur ma route.
« Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire. »
Parole du Bouddha
vendredi 11 novembre 2011
GRATITUDE et ESPOIR : Loy Krathong et Yi Peng à Chiang Mai en Thaïlande
Pour quelques jours, on oublie les plus de 500 morts et la misère des inondations de Bangkok.
On vient à Chiang Mai (la Rose du Nord à 700 km) pour oublier, pardonner, apprécier et remercier.
Les 9.10 et 11 novembre, c'est la fête traditionnelle de la pleine lune du douzième mois lunaire.
C'est un rituel national de purification pour demander pardon pour ses erreurs, à Khongkha et Ganga, les déesses de la rivière, et confier ses erreurs à la rivière au moyen d'un kratong, petit bateau en forme de fleur de lotus construit dans une feuille de bananier. On y dépose fleurs, (parfois nourriture) bougies, encens et pièces de monnaie.
De plus, à ce moment, les bonzes se rasent la tête en signe d'humilité et exceptionnellement sortent sur la rue à minuit pour recevoir nourriture et dons. C'est un bon moment pour recevoir des mérites et la protection du Bouddha.
Dans le Nord du pays,comme à Chiang Mai, on y ajoute la tradition de la région du Lanna : le Yi Peng (lanterne style petite mongolfière activée vers le ciel par le feu) ou khom loy. C'est une façon d'évacuer ses soucis et les complications inutiles de la vie. On les laisse se confondre avec les étoiles du firmament sous la protection de la pleine lune.
La saison des pluies est terminée : place au soleil et à la lumière!
Moments de rituels très émouvants, moments de célébrations du coeur et de l'âme où cigarettes et alcool ne sont pas permis. Seul certains touristes enfreignent la règle.
C'est le coeur en fête, c'est l'enfant en émerveillement, c'est l'humain à l'état pur dans ce qu'il a de meilleur. Les âmes et coeurs sont en fusion et en célébration.
La jeunesse est l'espoir de la nation, le rappel de la naissance et de l'émergence.
Tant que je respire, j'espère.
proverbe latin
lundi 31 octobre 2011
BANGKOK, manque de nourriture et chômage.
On espère et on prie...
Logés dans des centres de secours de fortune, des milliers de thaïs espèrent que le pire soit passé.
Selon la première ministre Yingluk, les prochaines 48 heures seront déterminantes.
Les débordements et inondations se sont produites ailleurs que prévu.
Le quartier chinois est donc maintenant rempli d'eau à son tour.
Les maisons sont elles aussi inondées mais les gens ne veulent pas quitter leur demeure craignant le pillage.
Ils préfèrent vivre dans l'eau à l'intérieur comme à l'extérieur.
Un demi million de gens sont en chômage forcé à cause des fermetures d'usines et de commerces.
On surveille attentivement la montée des eaux venant du Nord qui continue.
Toute cette catastrophe serait due à une erreur humaine d'ouverture trop tardive des barrages du Nord puisque les précipitations de la mousson de cette année furent sensiblement les mêmes que l'an passé.
La population fait maintenant face à des menaces de maladies venant de tous ces déchets qui viennent jusqu'à eux par le biais des cours d'eau contaminés.
La distribution d'eau potable et de vivres est très mal organisée.
Le nouveau gouvernement est vivement critiqué.
Les files d'attentes sont interminables dans les quartiers sinistrés. Les gens affamés n'ont aucun autre moyen de ravitaillement en nourriture et en eau potable que l'aide venant de l'extérieur.
Les bonzes bouddhistes, compte-tenu de leurs croyances sur la réincarnation,
prennent un grand soin des animaux affamés errants.
La mentalité asiatique permet presque toujours de dédramatiser les pires épreuves.
"Mieux vaut en rire que d'en pleurer".
Et c'est dans l'eau jusqu'aux genoux que les bonzes iront tôt le matin recevoir leur nourriture de la part des fidèles croyants qui ainsi s'assureront d'un meilleur karma.
C'est le drame de la planète: la Thaïlande, comme partout ailleurs,
doit assumer les conséquences environnementales de son développement économique.
De telles inondations ne s'étaient pas produites depuis 50 ans, la nature sachant très bien prendre soin d'elle.
vendredi 28 octobre 2011
BANGKOK EN ÉTAT D'ALERTE !
Bangkok ne sait pas ce que sera demain avec cet avis d'évacuation d'urgence.
Les digues ne semblent pas pouvoir tenir le coup avec l'arrivée demain des débordements d'eau venant du centre du pays.
Le fleuve Chao Phraya risque également de déborder. Treize millions de personnes sont inquiètes.
On compte plus de 375 morts à date suite aux inondations en Thaïlande et ce n'est qu'un bilan provisoire.
Des milliers de personnes doivent quitter immédiatement.
On quitte avec le stricte minimum.
Même les pythons déménagent !
On est très inventif en temps de crise :
cette bicyclette spéciale est très pratique pour circuler dans des rues inondées.
Avant de partir, un petit coup de pêche dans cette rue devenue étang.
Et pourquoi pas une baignade dans cette voie de service de l'autoroute ?
Vaut mieux en rire pensent les novices en barque sur un klong de Bangkok.
Les écoles sont fermées pour permettre les évacuations d'urgence.
On a choisi d'abandonner sa voiture sur la voie élevée avant de quitter la ville.
On partira en bus, en train ou même en avion pour quitter Bangkok.
Et le Bouddha bien protégé protégera à son tour.
Et la nuit tombe sur la ville inondée de Bangkok qui ne sait pas ce que demain lui réserve.
La patience est la plus grande des prières.
Bouddha
jeudi 27 octobre 2011
DÉSOLATIONS EN THAÏLANDE ET AU CAMBODGE VOISIN
Les pires inondations en Thaïlande depuis 50 ans,
350 morts, 6 milliards de pertes, des milions d'évacués.
Les bonzes, eux aussi inondés au temple, ont mis la main à la pâte.
On s'attend à ce que les barrages ne tiennent pas le coup ce week-end.
Les industries et usines sont inondées. Tout est paralysé.
Matériaux de construction à la flotte.
Stationnement des voitures de l'usine automobile de HONDA.
Zone commerciale recouverte de plusieurs mètres d'eau.
Il faut quitter avant qu'il ne soit trop tard.
Cette baignoire servira de radeau de fortune pour ces gens de la banlieue rurale.
La cuvette sera l'embarcation pour le chien.
On conserve le sourire en composant avec la situation quelque peu troublante.
Les barrages ne suffiront plus d'ici quelques heures. Tout sera inondé.
Des quartiers entiers doivent être évacués car l'eau continue de monter.
Les boulevards sont devenus des rivières et ça monte toujours.
Les grandes artères sont devenues des canaux de circulations pour les petites embarcations.
On quitte comme on peut.
Même le crocodile doit suivre.
Pour sauver son véhicule de l'eau, on le stationne sur les voies élevés qui sont complètement congestionnés.
On s'en remet au Bouddha que l'on doit quitter pour que demain soit une journée meilleure.
Désolation...
Exode, Espoir...
Attachons- nous à reconnaître
le caractère si précieux de chaque journée.
Le Dalaï Lama
mardi 26 juillet 2011
Bruit, fumée et poussière pour les enfants khmers.
En plus de souffrir du sida ou de malnutrition, ces enfants de la campagne du Cambodge et leur famille doivent vivre dans un environnement complètement pollué. L'hôpital pour Enfants d'Angkor (AHC), https://angkorhospital.org/, y délégue sur une base régulière, des professionnels de la santé pour assurer un suivi aux enfants malades dans le cadre de son programme de Soins à Domicile.Toutefois, son action sur l'environnement et sur les autorités locales est bien restreinte. Tout est corruption et le chef du village est lui-même soudoyé par les propriétaires des compagnies. Donc difficile de relocaliser les familles ou de stopper les opérations.
Sur place, nous avons nous même peine à respirer. Rapidement notre gorge est irritée, nous toussons et nos yeux brûlent. Et tout ça à cause d'une compagnie de fabrication de briques qui est la seule maigre ressource financière de ces familles. Et pour empirer la situation, un voisin fabrique du charbon de bois entrainant une épaisse fumée qui envahit les humbles huttes en pailles jour et nuit. Une centaine d'emplotés et leur famille y logent. Ils ont les yeux rouges, crachent et toussent continuellement.
On mange sur le lieu de travail. Pas de répit, pas de pauses et les enfants circulent librement et dangereusement parmi les gros camions et les pelles mécaniques si bruyantes. Des briques sont transportées dans des brouettes par de jeunes d'à peine 10 ans. Les camions surchargés laissent tomber régulièrement des briques à quelques centimètres de la tête des tous petits enfants.
C'est avec ce matériel que l'on construit les luxueux hôtels d'Angkor Wat qui acceuillent des touristes à plus de 1,000$ US la nuit. C'est scandaleux et immoral ! J'ai essayé à plusieurs reprises de sensibiliser les autorités mais sans succès. Avec un sourire peu sympatique, on m'a invité à demander une audience au roi pour remédier à la situation d'insalubrité.
C'est leur lieu naturel de vie au quotidien. Tout le monde a des problèmes respiratoires, d'irritations sévères et de stress continuel. Ils doivent travailler sept jours par semaine pour un salaire de famine. Tout est empoussiéré dans ces cases où ils vivent à plusieurs dizaines. C'est la grosse misère. On se croirait aux portes de l'enfer !
Pour fabriquer le charbpn de bois qui est utilisé pour la cuisson des aliments, on creuse et on construit tout d'abord un genre de four en terre cuite. Ensuite on y insère le bois (produit de la déforestation illégale) qui se calcinera lentement plusieurs jours enterré dans le four. Tout ce processus dégage une fumée continue jour et nuit. Ensuite, on laisse refroidir et on dégage le tout.
On doit se protéger tout le visage pour faire un tel travail. C'est une question de santé . Sans protection on risque de ressembler plus à un Africain qu'à un Cambodgien. Et malgré ces conditions de vie si difficiles, toujours ce grand sourire. Quelle leçon !
Nous rencontrons le jeune Sith (7 ans) qui est infecté par le VIH. Rien dans son environnement (à part les médicaments) ne contribue à améliorer son état de santé.
La mère contribue très peu à nous fournir des informations sur la prise de médicaments de son fils. Comme elle vit en promiscuité avec une centaine d'autres personnes, elle ne veut pas qu'on sache que son fils est infecté. Elle pourrait être évincée immédiatement. Dans les campagnes, on croit toujours que le sida se transmet dans l'air comme une maladie contagieuse. Plusieurs des patients traités sont ainsi cruellement rejetés. Tout un travail d'éducation est à faire et c'est pour cela que nous n'hésitons pas à prendre les patients dans nos bras au grand étonnement du voisinage.
Nous soupçonnons le petit bébé de deux mois d'être lui aussi infecté. Toutefois, la mère refuse que nous fassions un test de sang à son enfant. Elle a déjà eu 4 enfants d'un premier mari. C'est avec le deuxième mari qu'elle a eu ses deux garçons et que le sida est apparu. Elle parle à voix basse et souhaite que nous quittions rapidement.
Très difficile pour nous de vivre un tel sentiment d'impuissance autant au niveau du traitement des enfants malades que du lieu malsain de vie. Si nous insistons trop, la mère pourrait tout simplement refuser de continuer le traitement de son fils Sith, ce qui entrainerait sa mort à très brève échéance dans un milieu si malsain. Nous devons souvent "marcher sur des oeufs" !
Au Cambodge, 50% de la population a moins de 15 ans. Il y a des enfants partout. Tout ce qui se dit et se fait est rapporté. Les murs, les fenêtres et les portes ont des oreilles. La vie privée ça n'existe pas chez les gens démunis. Ils vivent en bande et essaient tant bien que mal de s'entraider. Ici on tousse en coeur!
Nous demeurons dans ce polluant univers de briques pour rencontrer Channi, deux ans, qui souffre de malnutrition. C'est un peu paradoxal de faire l'éducation à la santé dans un tel environnement.
Sophearin fait son possible pour parler d'une saine alimentation pour les enfants. La maman est enceinte de nouveau et le papa semble peu intéressé par ces enseignements. Il préfère de beaucoup aller jouer au football avec ses copains dans le bruit, la fumée et la poussière.
Les voisins qui assistent à l'entretien privé souhaitent recevoir des conseils pour d'autres enfants également malades. Difficile d'instaurer des limites dans de telles situations.
Comme sa fille n'ose pas, voici que s'impose la grand-mère avec dans les bras la petite patiente Yuth 18 mois qui est infectée par le VIH. Elle ne veut plus attendre, parle fort et sent l'acool à plein nez. Elle est très demandante. Elle nous observe depuis notre arrivée et elle a très bien remarqué la nourriture et les vêtements que nous portons avec nous. Elle veut absolument sa part du gâteau : soins médicaux, nourriture et vêtements. Nous nous limitons cependant aux parents et à leurs enfants car nous visitons plus de 8 familles dans une même journée. Difficile là aussi de ne pas gâter tout le monde.
La maman a eu Yuth avec son deuxième conjoint qui lui aussi sent bien fort l'alcool. Avec son premier mari qui l'a bandonné, elle a eu 3 enfants. On soupconne les deux parents d'être séropositfs. Eux aussi refusent de se faire tester. Il existe pourtant un programme d'aide pour adultes infectés par le virus. À chaque fois nous donnons l'information mais très peu font la démarche de peur de "perdre la face" si leur "maladie honteuse" était connue de leur voisinnage.
De nouveau, la grand mère arrache l'enfant à sa fille pour se mêler de ce qui se passe. De plus elle demande directement des cadeaux et de la nourriture pour elle-même.
Les examens médicaux terminée, les médicaments distribués, les enseignements de vie saine dispensés et la nourriture (incluant les légumes du jardin biologique de l'hôpital) partagée nous voici rendu à la distribution des vêtements fournis par des donateurs du Québec. Tout le monde en veux.
Sophearin décidera à qui je donnerai quoi. Son flair est excellent. Pour tous nous aurons de petites bricoles et des gâteries.
Quelle journée ! Nous quittons ces lieux avec beaucoup de questionnements et un grand sentiment de faire le maximum pour arriver à un minimum.
Plus jamais je ne verrai une brique de la même façon. Chaque mur de brique me rappelera une très dure réalité de vie remplie de souffrances.
La vision nouvelle des choses, la deuxième lecture nous permet d'entrer au coeur de la réalité profonde des choses.
Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres.
Lao Tseu
jeudi 9 juin 2011
Cambodge (Angkor) : visites à domicile des enfants séropositifs
Dans le cadre du programme de visites à domicile de l'Hôpital pour Enfants d'Angkor (AHC) pour les enfants atteints du virus du Sida (VIH), SonSun (étudiant en pédiatrie à l'université internationale de Phnom Penh) s'est joint à l'infirmier Sophearin et à Frédéric (travailleur humanitaire québécois) pour une journée de rencontres des jeunes patients chez eux dans les camapagnes éloignées.
Sur les sept patients à visiter, seulement cinq seront là pour nous recevoir.
La première patiente séropostive rencontrée se nomme Nai. Cette jeune fille a 14 ans et son histoire n'est pas du tout facile à vivre.
Avec sa famille, ils ont tout d'abord habité dans cette maison qui s'écroule progressivement.
Elle est maintenant seulement utilisé par le père qui s'y rend pour boire, dormir et ...
Ils habitent à plusieurs maintenant dans cet abri de fortune très rudimentaire et avec un seul mur en compagnie de chats, de chiens et de poules. Lorsqu'il vente ou pleut c'est tout un problème et souvent l'occasion d'être malade.
La maman âgée de 53 ans a eu 14 enfants dont 6 sont morts avant terme.
Le beau-père de Nai est le deuxième mari de sa mère. Tôt le matin, il sent déjà très fort l'alcool de riz.
Il multiplie compulsivement les gestes du "Akun Tchrang" (merci beaucoup !) aux 5 minutes.
On soupconne Nai d'avoir été violée plus d'une fois par son beau-père et par un voisin soldat. C'est alors qu'elle aurait été infectée par le VIH. Le beau père refuse de passer les tests de dépistages.
Le beau-père de Nai consomme souvent avec son grand copain soldat qui lui aussi dégage une très forte odeur d'alcool, tôt le matin, lors de notre visite. Il est moins démonstraif que le beau père qui bouge et parle et interrompt tout le temps sans se soucier de qui que ce soit.
Nai est bien triste et consciente de son état. La mère semble impuissante devant la situation.
Nai ne veut plus aller à l'école car ses camarades connaissent bien son état de santé et ils se tiennent loin d'elle. Son système immunitaire n'est qu'à 29 alors qu'il devrait être à 1,200.
Cela signifie que la médication risque de ne plus faire effet à très court terme.
Nous devrons donc assurer à Nai un suivi régulier médical et psychologique pour la protéger et la motiver.
En plus des médicaments, nous laissons à cette famille une double ration de nourriture : oeufs, riz, fruits et légumes frais et poisson. De plus nous offrons à la famille une lanterne rechargable à l'énergie solaire dont nous prenons bien le temps d'expliquer le fonctionnement à Nai.
Tout n'est que désolation dans cet environnement : la déforestation tout autour de la maison, les terres brûlées et le beau père déjà ivre à 8h le matin . Un sentiment d'impuissance partielle vient alors nous habiter. SonSun, Sophaerin et moi sommes soucieux et attristés pendant que le beau-père semble dans la complète insouciance.
Un même paysage de culture sur brulis et de déforestage nous conduit à la modeste maison du petit Mot
Mot a 8 ans et en plus d'être infecté par le virus du sida, il souffre du zona.
Le zona est une affection causée par un virus du groupe des herpès, caractérisée par une éruption de vésicules disposées sur le trajet de certains nerfs sensitifs. Il est très souffrant.
Son beau-père, le troisième mari de la mère de Mot, est également infecté par le VIH.
Sa mère et lui se sont rencontrés à l'hôpital où ils étaient patients pour stabiliser leur séropositivité.
Le petit Mot en est à la limite de sa résistance aux médicaments. Dépassé ce stade, on ne pourra plus stabiliser l'action du virus.
Mot est très vivant et enjoué. Il est difficile d'imaginer qu'on est maintenant à la presque fin de nos moyens médicaux d'intervention pour stabiliser le progrès de la maladie.
Il y a également le problème de la corruption au Cambodge qui pourrait éventuellement nous poser des problèmes. Le gouvernement veut prendre le contrôle de l'achat des anti retroviraux. Ainsi, il pourrait en tirer une commission en plus de fermer les yeux sur les produits déjà passés date et achetables à bon prix.
La toute mignonne Veasna (2.5 ans) est la prochaine patiente visitée. Elle n'est pas atteinte du virus du VIH.
Elle souffre de malnutrition et nous essayons de lui redonner une bonne santé. À la naissance, la mère n'ayant pas assez de lait maternel compensait par de l'eau de riz lorsque la petite réclamait à boire.
C'est la grande soeur qui prend soin de Veasna. Son père a des problèmes mentaux et la mère était absente lors de notre visite. La mère a eu 9 enfants et seulement 6 sont encore vivants.
La grande soeur est une véritable maman pleine d'amour pour Veasna.
Suite aux examens d'usage et la vérification de la prise des médicaments, Sophearin rédige son rapport médical et SonSun s'apprête à aller chercher la nourriture que nous offrirons à cette petite marmaille bien affamée.
Parlant de nourriture, notre dernier repas remonte à 6h30 et il est bien 13h. C'est l'heure du pique- nique.
Frédéric a acheté, tôt ce matin, de bons légumes pays sautés au gingembre, du poisson et du riz.
Tout un festin !
Avec notre chauffeur, nous nous installons sur le bord d'un étang où se baignent déjà des enfants.
Les enfants sont affamés. Nous partagerons avec eux une partie de notre repas.
Ils mangeront même les arrêtes du poisson. Aucun reste mais absolument aucun restant !
Avant que nous n'ayons eu le temps de ramasser nos ordures, les chiens seront partie à la course avec certains contenants et sacs plastiques imbibés de sauces piquantes pour les dévorer.
Cet agréable temps d'arrêt est l'occasion de faire le point sur la matinée et de bien préparer l'après-midi.
Nous nous sommes bien moqués de Sophearin qui a du manger sans culottes, ayant glissé dans l'étang alors qu'il était allé se laver les mains.
En moins d'une heure, le toride soleil sèchera le pantallon accroché à l'arbre.
Fidèle à son grand coeur (quel médecin rempli de compassion il sera!), SonSun a offert à une dame du voisinage et à sa petite fille quelques gâteries de notre pique nique. Pour elles, cette petite attention a créé beaucoup de plaisirs et de joie.
Un vêtement à laver ou une douche à prendre ? Pas de problèmes, la nature est là disponible.
La petite Kanha vit dans cette maison avec son père et sa mère qui sont également infectés par le VIH.
Le grand frère a été épargné.
Les jeunes voisins nous informent de l'absence de la famille.
Au Cambodge, il y a des enfants partout ! 50% de la population a en bas de 15 ans.
Men est un charmant petit garçon de 6.5 ans très agité.
Le lien entre le petit fils et la grand-mère est très touchant. De l'amour, rien que de l'amour. Et quelle patience possède cette dame âgé pour le petit Men qui est hyper actif.
Cette grand mère a eu 6 enfants.
Sa plus jeune fille de 25 ans (la maman de Men) a un parcours de vie assez inusité.
Elle en est à son quatrième partenaire qui lui l'a infectée du sida ainsi que Men, le fils qu'il lui a fait.
Elle travaille comme prostituée (taxi girl) dans un bar et a abandonné sa famille et son fils.
Les grands-mamans du Cambodge sont des femmes exceptionnelles qui souvent doivent refaire une seconde vie pour venir en aide à leurs enfants adultes souvent irresponsables. Au lieu de prendre paisiblement leur retraite, elle recommencent leur vie de mère de famille, de fermière, de ménagère et d'éducatrice avec une santé souvent affaiblie et des moyens financiers plus que restreints.
Men n'a malheureusement pas de figure paternelle à qui s'identifier.
Notre prochaine patiente est une belle jeune fille aux yeux vifs qui se nomme Soeu (12.5 ans) .
Ses deux parents sont décédés du sida et elle vit avec sa grand-maman de 74 ans.
C'est une vieille femme inspirante remplie de sagesse.
Un beau lien unit les trois femmes : Soeu, Noi sa soeur de 10 ans et leur grand-mère.
Soeu souffre elle aussi du zona mais elle ne s'en plaint pas.
Sophearin a une excellente nouvelle à annoncer à sa patiente : son système immunitaire est maintenant à 1,186 / 1,200 cd4. En septembre 2007, il n'était qu'à 287 cd4. Quel bonheur !
Mission accomplie qui se termine avec une bonne nouvelle pour Soeu.
SonSun rentre à Phnom Penh (à 350 km) pour poursuivre ses études en médecine et Sophearin et moi retournons à l'hôpital de Siem Reap pour continuer à être présents aux petits enfants malades.
https://angkorhospital.org/
L’homme le plus heureux
est celui qui fait le bonheur
d’un grand nombre d’autres.
Diderot (1713-1784)
dimanche 29 mai 2011
Décès du petit Nang au Cambodge
Après un combat de plusieurs semaines avec le cancer, le petit Nang Chim âgé de près de 3 ans est décédé cette semaine le 25 mai.
J'avais connu ce petit et sa famille le 24 décembre dernier exactement, lors de mes premières minutes à l'hôpital pour enfants d'Angkor (AHC) à Siem Reap au Cambodge. Lisez son histoire :
http://freuderic.canalblog.com/archives/2011/02/13/20375623.html
Ayant découvert qu'il était atteint d'un cancer, l'appel aux généreux bénévoles du Québec et de la France avait permis le début des traitements de chimiothérapie qui devaient se répartir sur un an à l'hôpital Khmer-Soviet Friendship de Phnom Penh.
Nang a reçu 12 jours de traitements échelonnés sur une période de 4 mois.
SonSun, étudiant en Pédiatrie à l'université internationale de Phnom Penh que nous soutenons, assurait le suivi des traitements de chimiothérapie de l'enfant en collaboration avec l'AHC.
Après chaque traitement, Nang avait de graves effets secondaires reliés au grand affaiblissement de son système immunitaire : infections de toutes sortes, grande faiblesse et perte d'appétit.
Il devait donc, à chaque fois, faire un séjour préliminaire à l'hôpital d'Angkor pour se refaire des forces et une santé avant de retourner à Phnom Penh se faire assommer à nouveau par la chimiothérapie.
C'est avec courage que cette petite famille très pauvre quittait à chaque fois son petit village de Poïpet près de la frontière thaïlandaise pour se rendre pour le traitement de trois jours à Phnom Penh ayant à chaque fois à faire un arrêt préalable de plusieurs jours à l'hôpital AHC avant et après le traitement.
Nang disait vouloir conserver avec lui toujours sa photo avec le bon grand papa de l'étranger qu'il aimait bien.
En avril dernier, quelques jours avant le Jour de l'An khmer, une donatrice du Québec avait visité Nang à l'hôpital d'Angkor en préparation pour son prochain traitement de chimio à Phnom Penh.
Nang semblait en bonne forme prêt pour son dixième traitement.
Sa grande soeur était auprès de lui avec leur maman.
Nang regardait toujours les photos avec son grand père adoptif comme si ça lui donnait du courage.
La semaine suivante, le traitement se déroula bien sauf que les effets secondaires se firent sentir rapidement.
Nang contracta à nouveau de nombreuses infections dont la rougeole.
Il ne devait pas s'en sortir et il mourut la veille de son 13 ième traitement de chimio en présence de son père.
Son petit corps a été incinéré au temple de Siem Reap (Angkor) selon les rites bouddhistes et les parents son rentrés dans leur village avec les cendres de leur petit garçon bien-aimé.
Nang et sa famille furent un grand exemple de courage et de persévérance.
Son court passage sur cette planète ne fut pas vain. Je reviendrai sur sa mission ultérieurement.
MERCI NANG a toi et à ta famille !
Sachez que la mort n’existe pas
en tant que disparition définitive de notre existence;
c’est seulement une transformation,
un changement d’état de conscience,
comparable au rêve et au sommeil profond…
Comprenant cela, vous pouvez être heureux,
lucides et en paix…
Émettez du fond de votre cœur
un vœu pour que cet état
se communique à tous les êtres vivants.
Pierre Weil
(1924-2008)
dimanche 13 mars 2011
Cambodge Images 2011
Plus de la moitié de la population du Cambodge est âgée de moins de 15 ans.
L'hôpital Angor Hospital for Children reçoit gratuitement en consultation plus de 400 enfants quotidiennement.
http://www.youtube.com/watch?v=X9WwSfWTAjs&feature=related
Ce ne sont pas les hommes, ce sont les dieux qui ont construit les temples d'ANGKOR.
On mange plusieurs fois par jour au Cambodge, de petites portions sans desserts.
Vous serez les suivantes sur le BBQ ! Le charbon de bois vient d'être livré.
Merci pour nous avoir permis de voir clairement la beauté tout autour de nous !
Essayez de raisonner sur l'amour
Et vous perdrez la raison.
Anton Chekhov (1860-1904)
dimanche 13 février 2011
Histoire émouvante du petit NANG au Cambodge.
À mon arrivée à l'hôpital pour enfants d'Angkor à Siem Reap (AHC) le petit Nang Chim (2.5 ans) fut le premier patient mis sur ma route pour quelques instants. Il pleurait de souffrance dans les bras de son papa. Le dessus de son oeil gauche semblait passablement enflé et infecté par une tumeur. Je fut très touché par ce premier contact. Je sentais qu'on allait se revoir.
Le bon docteur Phara procéda rapidement à l'ablation complète de l'oeil gauche et de la tumeur. L'opération fut une réussite même si les parents avaient trop tardé à venir consulter.
Une biopsie permit d'envoyer un échantillon en laboratoire pour analyse.
Après l'opération, voilà que je croise Nang avec son beau sourire et sa joie de vivre.
La petite famille retourne alors très heureuse dans son village de Poïpet, à la frontière de la Thaïlande.
Le papa de Nang, Long, a 37 ans. Il travaille illégalement en Thaïlande car il habite à la frontière. Il est manoeuvre en construction et ses conditions de travail sont désastreuses : il est sous rémunéré et très souvent le contracteur se sauve avant la fin du chantier sans payer personne. La maman de Nang, Khem, a 39 ans. D'un premier mariage elle a eu deux filles qui ont respectivement 21 et 12 ans. La plus vieille a disparu pour aller travailler en Thaïlande. Lorsque les parents effectuent de longs séjours à l'hôpital à 150 kilomètres de chez-eux, la petite de 12 ans est laissée seule à elle-même.
Ils sont mariés depuis sept ans et Nang est leur seul enfant. Ils sont très pauvres.
Cinq semaines après son opération, le petit Nang est ramené à l'hôpital avec une sévère nouvelle inflammation de l'oeil gauche.
Il devra être hospitalisé pour une semaine pour le traitement de l'infection.
Le docteur Phara a reçu le résultat de la biopsie : Retinoblastoma with optic invasion and extra capsular extension, pT4b. Invasion optique cancéreuse stage 4. Si l'enfant ne reçoit pas de traitements de chimiothérapie immédiatement, le cancer se propagera au cerveau et au reste de son corps et il mourra dans quelques mois. C'est le choc et le désespoir. Les parents n'ont pas d'argent et le traitement coûte entre 1500$ et 2000$ au Russian Kmers Hospital de Phnom Penh à 500 kilomètres de la résidence familiale. Contrairement à l'hôpital d'Angkor, les soins n'y sont pas gratuits. Je contacte alors immédiatement de très généreux donateurs du Québec et de la France. En l'espace d'une semaine, mon SOS est entendu avec compassion et le miracle de la générosité se produit : les sommes nécessaires sont amassées et le traitement peut commencer.
Le premier février c'est le départ pour l'hôpital de Phnom Peng à 350 kilomètres. C'est le début d'un traitement d'un an de chimiothéraphie : 6 traitements de trois jours et 10 de 24 heures aux trois semaines pour un total de 28 jours de traitements. Il faut tout prévoir : transport par autobus, hospitalisation, traitements, médicaments, hébergement, nourriture et ++ Toute une logistique à organiser rapidement.Tout le monde s'y met et on y arrive.
Le petit reçoit donc ses premiers trois jours de traitements le 2 février.
Mais lorsque je l'accueille à son retour de Phnom Penh le 5 février, j'ai un choc : une nouvelle infection sévère de l'oeil.semble s'être développée .
SonSun essaie d'amuser l'enfant alors qu'il attend son admission à l'urgence de l'hôpital d'Angkor pour le traitement de cette infection. Il est très souffrant. Il sera hospitalisé plus d'une semaine.
Une forte dose d'antibiotiques sera administrée à Nang. On découvrira qu'il souffre également de malnutrition. Entre autre, le lait maternel est pauvre. On nourrira l'enfant au moyen de sérum et d'un tube directement relié à l'estomac.
Nang prend du mieux de jour en jour. Il se refait des forces et retrouve sa vitalité.
Nous lui offrons un petit éléphant rappel de sa propre force et de tout son potentiel de guérison.
L'infection extérieure est maintenant guérie. Le personnel de l'hôpital s'est surpassé encore une fois.
Le 12 février, Nang peut enfin rentrer chez lui après 12 jours d' hospitalisation. Il est très heureux de penser retrouver sa hutte à Poïpet.
Après 12 jours d'absence, la famille rentre enfin à la maison avec tout bagage que ce sac coloré que nous lui avons offert. Enfin on va retrouver la petite soeur de 12 ans qui est demeurée seule tout ce temps.
Je décide d'accompagner la famille jusqu'à Poïpet à 150 kilomètres. C'est la joie du retour.
À bord de l'autocar, Nang n'accepte comme nourriture que quelques insectes grillés. Autrement, il n' a pas d'appétit. Souhaitons que ce retour à la maison soit régénérateur pour tout le monde.
Le prochain traitement de chimiothérapie de trois jours est prévu le 22 février. L'oncologue à prédit 70% de chances de guérison. Toutes vos bonnes prières sont donc essentielles pour cet enfant courageux.
Quand un démuni te tend la main
c'est pour t'aider à sortir de quelque part.
C'est donc à toi de lui dire merci.
Il t'aide beaucoup.
Sans lui tu aurais du mal à rester éveillé.
El Chura, Les 7 plumes de l'aigle.
lundi 24 janvier 2011
Les enfants des campagnes infectés par le virus du sida au Cambodge
L'hôpital pour enfants d'Angkor au Cambodge a mis sur pied un programme de visites à domicile pour les enfants atteints du virus du sida. Cinq cents enfants sont encore suivis chez eux dans leur famille. On tente de rendre accessible aux familles des campagnes les services des professionnels de la santé : suivi médical, médicaments, programme d'éducation à l'hygiène et à la saine alimentation. Ces services sont gratuits (grâce à vos dons) et à chaque visite, un support psychologique est apporté et de la nourriture avec des légumes provenant du jardin biologique de l'hôpital .
Von a 3 ans. Son père, sa mère et lui sont séropositifs. Toutefois ses 3 frères ne sont pas infectés. Pour leur première visite à l'hôpital avec Von, la mère et la grand mère ont dû marcher 8 kilomètres dans un chemin de brousse pour ensuite faire 60 kilomètres de transport en commun très rudimentaire.
Cette famille dégage plein de bonnes énergies. Le moral est excellent et la présence de l'infirmier Sophearin est très appréciée. Le moral est excellent pour une belle survie familiale.
Nous avons eu peine à rejoindre cette maison de brousse, les sentiers étant presque impraticables.
La grand-maman au Cambodge est une femme extrêmement courageuse. Après avoir élevé une grosse famille, elle recommence avec ses petits-enfants dont elle s'occupe souvent à plein temps. La maladie, le papa vivant ailleurs ou l'extrême pauvreté obligeant la mère à travailler à l'extérieur font qu'elle devient indispensable pour la survie de sa progéniture.Cette grand-mère est une femme brillante qui gère très bien l'organisation familiale. Quelles leçons de résilience, ce ressort intime face aux coups de l'existence, que cette visite !
Lin a 7 ans. Elle est la seule a être infectée par le virus du sida dans sa famille. Sa mère qui s'en occupe a eu deux filles d'un premier mari décédé et deux enfants d'un deuxième : Lin et son petit frère.
Le papa est parti vivre ailleurs. Le sourire est quand même de rigueur dans cette famille.
Cette petite hutte au milieu de la brousse est un oasis de joie. Sophearin est attendu et très rapidement le voisinage nous entoure. On veut savoir qui sont ces visiteurs et que viennent-ils faire ?
La mère et ses deux enfants portent fièrement les vêtements offerts en provenance du Québec.
Cette casquette a vite trouvé preneur chez le petit frère.
Les poux ont eut raison de ce voisin espiègle qui s'amuse à surgir des coins les plus inusités.
Notre troisième visite nous conduit dans une famille ayant un niveau de vie un peu plus aisé que les précédentes. Les parents eux aussi séroposifs sont absents.
Phin a 8 ans et il vit avec le VIH depuis sa naissance. Il est le benjamin de la famille et partage avec ses parents l'infection du virus. Il a deux soeurs.
L'une d'elle est handicapée intellectuelle et souffre d'épilepsie et elle a souvent des attaques convulsives avec perte de connaissance. Elle marmonne sans arrêt tenant des propos souvent incohérents. Elle a un lien spécial avec ses petits chiens qui semblent bien la comprendre.
De façon répétitive et compulsive, la grande soeur de Phin nous remercie pour ce filtre à eau offert par l'hôpital pour enfants d'Angkor.
Nous nous enfonçons de plus en plus dans la brousse. Cette affiche est peu rassurante mais notre guide connaît le bon chemin à prendre.
Ces oiseaux semblent nous observer. Ils sont nos seules rencontres chemin faisant.
Cette vache et son petit nous indiquent qu'il y a des humains pas très loin puisque le soir, selon la tradition, elle doit dormir dans un abri voisin de la maison de son maître.
Nous arrivons enfin là où devrait habiter Sokha, petit garçon de 3 ans et demi.
Sokha et sa maman (également infectée par le virus du sida) n'y sont pas.Ils sont devenus itinérants depuis le jour où leur modeste maison fut détruite par un incendie de broussailles. Ils étaient alors absents pour leur première visite à l'hôpital. Ce même jour, la mère seule avec son enfant (le mari étant disparu), dut apprendre deux mauvaises nouvelles : que son jeune enfant était séropositif et que sa maison s'était envolée en fumée.
Nous avons donc laissé le panier de provisions à l'occupante de cette case. Nous reviendrons avec les médicaments un autre jour.
Quel bel exemple de courage.
"Nous tirons notre courage de notre désespoir même." Sénèque, philosophe latin
À suivre pour 4 autres visites...
mardi 11 janvier 2011
L'Hôpital pour Enfants d'Angkor (AHC) au Cambodge
Sous le régime de Pol Pot, le génocide détruisit le pays et son système de santé. Seulement 40 médecins survécurent aux « champs de la mort ». Le pays est en pleine récupération mais dans les régions éloignées près de 50% des enfants souffrent de malnutrition et 1 sur 15 meurt avant l ‘âge de 5 ans.
Le petit Chaleung a 7 ans. Il est dramatiquement malade . Il est atteint du virus du Sida et de la turberculose . Il souffre également d'obstructions intestinales. Il est condamné car son système immunitaire déficient ne pourra pas le protéger des effets secondaires de la forte médication nécessaire.
À peine quelques minutes après que je lui ai offert ce petit lapin venant du Québec, ils sont partis ensemble vers un autre monde.
Il a fait le passage paisiblement suite à des jours de grande souffrance.
Selon la tradition locale, son petit corps ne sera pas incinéré; c'est réservé aux adultes. Il sera porté en terre avec son petit lapin.
L’hôpital pour enfants
d’Angkor fut fondé en 1999.
Depuis, cette institution et son personnel dévoué ont traité gratuitement près d’un million d’enfants. Chaque jour, près de 400 enfants se présentent à l’hôpital pour un suivi médical. C'est donc près de 150,000 enfants qui sont vus gratuitement chaque année. L'hôpital pédiatrique offre les service d'une URGENCE, d'une salle d'opération, d'ophtalmologie, de soins dentaires et de visites à domicile.
On y pratique également des chirurgies cardiaques.
L'urgence fonctionne à pleine capacité. Les enfants malades viennent de partout.
Un service d'ambulances est offert quand la distance le permet.
USA est une infirmière pleine de compassion. Elle a choisi de travailler à cet hôpital par amour, étant séparée de son jeune bébé de 7 mois et du papa qui doivent vivre à Phnom Penh (la capitale) située à 350 kilomètres, pour des raisons financières.
Elle prépare un sédatif pour apaiser la douleur de l'enfant qu'elle traitera en bonne mère avec plein d'affection et d'attentions comme si c'était le sien.
Ce papa déjà handicapé de l'oeil droit veille sur sa petite fille.
Cette maman ne sait pas ce qui va arriver à son enfant qui respire avec difficulté.
Cette mère est épuisée. Elle n'a pas fermé l'oeil de toute la nuit.
Des soins sont assurés en région par le programme « soins à domicile » spécialement pour les enfants atteints du virus du Sida. Ici Sophearin traitant une jeune patiente.
Plus de 500 enfants reçoivent de façon permanente le traitement anti-rétroviral qui ralenti la réplication du virus et sa propagation à l’intérieur du corps.
Un programme d 'éducation à la santé, à la saine nutrition et à l'hygiène est offert aux parents des enfants traités à l’hôpital ainsi que dans les régions éloignées sous-développées et très pauvres.
L'utilisation adéquate des sanitaires doit également être enseignée.
Des milliers d'enfants meurent chaque année de maladies qui sont facilement traitables ou que l’on peut prévenir dans notre société occidentale.
Ce qui n'a pu se mettre en larmes et en mots,
s'imprime, se répète et s'exprime ensuite par les maux.
Les dons reçus à l’hôpital sont utilisés de la façon suivante :
66% pour le fonctionnement de l’hôpital incluant 10% pour les visites à domicile.
15% pour l’éducation médicale des professionnels.
14% pour l’administration et les campagnes de financement,
5% les programmes d’éducation à la santé et de dispensaires dans les régions éloignées.
MERCI DE SUPPORTER FINANCIÈREMENT L’HÔPITAL AHC
Vous pouvez expédier vos dons par internet à :
http://www.angkorhospital.org
vendredi 31 décembre 2010
BONNE ANNÉE 2011 depuis le Cambodge
Meilleurs Voeux pour 2011 depuis le Cambodge.
Le petit Chamreun commence une nouvelle vie avec l'an 2011. Je l'ai retrouvé tout heureux désirant entreprendre des études, ce qui lui était très difficile auparavant. Il est rempli d'espoir.
Grâce à votre générosité et à votre soutien, ami(e)s du Québec et de la France,
l'opération dans son oeil gauche (l'oeil droit étant inactif) le 6 octobre dernier à été un succès
et le docteur Phara de l'Hôpital pour Enfants d'Angkor (AHC) a amélioré sa vision de 60%.
Rappel de l'histoire de Chamreun :
http://freuderic.canalblog.com/archives/2010/03/20/17305025.html
Du fond du coeur MERCI !
"La gratitude est un donné pour un reçu,
un échange non point hasardeux mais conscient.
La gratitude mène à la relation
et dans la relation,
il n'y a plus d'indifférence.
Nous donnons, nous recevons,
nous participons à la respiration du monde."
El Chura "Les sept plumes de l'aigle".
dimanche 26 décembre 2010
Noël dans un village flottant au Cambodge
Le Tonlé Sap "large rivière d'eau douce" est communément appelé "le grand lac" par les Cambodgiens. Khmers et Vietnamiens y vivent sur l'eau de façon autosuffisante sans électricité.
Pour eux, Noël est un jour comme les autres.
Le 25 décembre, on se rend à l'école flottante comme d'habitude.
Déjà on entraine la jeune fille à être au service de l'homme en lui confiant la rame.
L'école étant sur l'eau, elle peut s'ajuster à un phénomène très spécial qui se produit sur le lac.
La superficie du lac pendant la saison sèche (février à mai), de près de 2 700 km² pour une profondeur d'environ un mètre, se voit quasiment multipliée par six quand arrivent les pluies de mousson. En effet, le Mékong est alors en crue (du fait de la mousson et de la fonte des glaces himlayiennes) et la rivière qui le relie au lac inverse son cours. On estime alors que la surface du lac peut atteindre à 16 000 km² et sa profondeur neuf mètres. En volume, cela représente une multiplication par un facteur 70. Ainsi, le bâtiment scolaire peut s'ajuster au niveau d'eau selon les saisons et changer d'emplacement.
L'inversion du cours du Tonlé Sap agit comme une valve de sûreté qui restreint le risque d'inondation en aval.
Tout se passe sur l'eau. On s'y approvisionne facilement en poissons et en fruits et légumes frais.
On utilise le bois pour cuisiner à l'intérieur. Avec le vent et les habitations souvent en paille, les risques d'incendie sont grands mais ils ne se produisent que rarement.
Certaines jeunes femmes et des grand-mères travaillent à la fabrication de vanneries provenant des jacinthes d'eau sur le lac.
Les jacinthes d'eau abondantes sur les berges sont cueillies par les jeunes puis mises à sécher au soleil.
Les enfants demeurent avec leur maman ou grand maman avec une surveillance bien réduite.
Ils apprennent déjà à se débrouiller seuls, à prendre des risques et à ne pas craindre le danger.
Un petit restaurant nous accueille pour prendre le repas de Noël.
La dame, aidée de ses filles, a préparé avec amour poissons du lac, soupe, légumes et riz.
L'espace cuisine est rudimentaire et restreint mais tout y est. On se débrouille avec moins que rien.
C'est le moment de quitter cet espace nature idyllique de paix et d'harmonie.
Le chemin de retour amène à la réflexion de tout ce superflu inutile de la civilisation occidentale
et de la perte des valeurs profondes intérieures en contact intime avec la nature.
"Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ? "
LAMARTINE, Le lac.
" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux."
LAMARTINE, Le lac
mardi 21 décembre 2010
***JOYEUSES FÊTES 2010 et MERCI pour votre AIDE ! ***
mercredi 8 décembre 2010
L'orphelinat Baan Mitratorn de Thaïlande
Baan Mitratorn, « la maison des amis de compassion » est un orphelinat situé au Nord de la Thaïlande dans la magnifique région de Chiang Dao.
Il accueille 64 enfants de quelques mois à 18 ans, 21 garçons et 43 filles dont 45 sont infectés par le virus du Sida.
Ces enfants proviennent souvent du peuple des brumes, ces ethnies environnantes des montagnes. Leurs parents sont décédés du Sida, ou ils sont le fruit d’une grossesse non désirée, ou ils proviennent de familles dysfonctionnelles et ayant des problèmes avec la justice, ou ils sont simplement abandonnés, personne ne voulant les prendre en charge.
Malheureusement, la réputation de Chiang Dao réside sur le fait que les jeunes filles y sont d’une grande beauté. Ainsi, les rabatteurs de Bangkok ont vite fait de saisir l’occasion d’offrir aux familles pauvres soit de vendre leur enfant pour la prostitution ou encore de permettre à leur fille d’être une bonne source de revenus pour eux en travaillant dans un restaurant de la capitale qui compte plus de 11 millions d’habitants. Sur place, il est vite fait de constater que le restaurant est en fait un bordel et que la jeune fille sans argent n’a aucun moyen de rentrer chez elle à des centaines de kilomètres. C’est alors que commence sa vie de misère. Et souvent, le fruit de tout cela, c’est la naissance de petits bébés infectés par le Sida et la mort éventuelle de la mère.
À Baan Mitratorn, on recueille ces enfants, on les soigne, on les éduque et on leur enseigne comment donner un sens à leur vie. La coordonatrice des coopérants étrangers, est
Neng, un professeur d’une grande générosité qui m’a accompagné gentiment tout au long de ma visite.
J’ai distribué des vêtements à chacun des enfants avec l’inscription Royal VIP pour leur indiquer l’importance qu’ils ont et toute la considération que nous leur accordons. Ils sont très attachants, pleins d’amour et de sourires.
J’avais connu plusieurs de ces enfants alors qu’ils étaient tous petits bébés en 1998. À cette époque, Baan Mitraton n’était qu’un tout petit orphelinat exclusivement réservé aux petits bébés infectés par le virus du Sida. Il n’y avait alors pas de médicaments vraiment efficaces et on connaissait très peu la maladie. Ainsi plusieurs enfants étaient condamnés à mourir. On ne devait pas toucher directement aux enfants. On devait revêtir un genre d’imperméable et des gants plastiques pour prendre les enfants dans nos bras. On ne connaissait pas le degré de contagion de la maladie. Ce fut une expérience horrible que de prendre dans mes bras aseptisés ces pauvres petits qu’on privait d’un réel contact. Ça se voyait dans leurs yeux qu’ils savaient qu’on se méfiait de leur contagion et qu’ils étaient voués à une courte existence sur cette planète. Tout ce qu’ils désiraient, c’était une présence d’amour inconditionnel. Heureusement aujourd’hui tout a changé : on peut offrir un espoir d’assistance médicale aux enfants et on sait que le Sida « ça ne vous saute pas dessus » comme la grippe. C’est avec beaucoup d’émotions que j’ai retrouvé les quelques survivantes et survivants de 1998.
Ces enfants sont intégrés à l’école voisine : le Princess Ubolratana School . De la maternelle au secondaire (450 élèves), on offre aux enfants pauvres des minorités l’occasion de se bâtir une vie heureuse en toute sécurité. Plusieurs jeunes dorment sur place alors que les 64 enfants de Baan Mitratorn rentrent à l’orphelinat « d’amour et de compassion » tous les soirs.
Cet orphelinat catholique est dirigé par deux religieuses de Saint-Paul de Chartres, assistées de 25 personnes bénévoles.
Si vous êtes une femme qui parlez bien l’anglais, on a besoin de vous sur place pour une période de quelques mois de présence aux jeunes.
On vous loge et vous nourrit dans un décors de nature extraordinaire.
Pour les hommes, il vous faut loger à l’extérieur du terrain.
Votre support financier a permis d’aider ces enfants pleins de vie et de projets de réalisations futures.
Si vous désirez apporter une aide directe à cette institution, veuillez communiquer avec nous à l'adresse courriel indiquée en haut à droite sur ce BLOGUE.
En inscrivant votre adresse courriel en haut à droite dans la section NEWSLETTER, vous serez avisé à chaque fois que je publierai un nouveau blogue. MERCI
Pour en savoir plus sur Baan Mitratorn, veuillez visionner ce document : http://www.youtube.com/watch?v=EMq2NGBL0XU&feature=related
mercredi 1 décembre 2010
Journée mondiale de lutte contre le Sida
La plupart des jeunes sur cette photo sont infectés par le virus du Sida. J'ai connu certains d'entre eux à leur naissance. J'ai visité il y a quelques jours cet orphelinat où 45 des 63 enfants sont porteurs du virus. Depuis 1980, la pandémie du Sida a fait près de 26 millions de morts dans le monde et contaminé plus de 33 millions de personnes. C'est en Thaïlande que des essais vaccinaux significatifs ont été réalisés l'an passé. Il y a donc un espoir de rendre disponible un vaccin d'ici quelques années. Ces jeunes que j'ai rencontrés ont décidé de vivre leur vie au maximum. Récit de cette visite très bientôt.























































































































































































































































































































































































































